"Ce blog pour réapprendre aux femmes à aimer vivre avec les hommes, et mieux comprendre le monde francophone contemporain"
Sébastien

"Selon les statistiques, il y a une personne sur cinq qui est déséquilibrée. Si tu es avec quatre personnes, et qu'elles te semblent toutes saines, ce n'est pas bon."
Jean-Claude Van Damme

"Je dédie ce blog à Naples, aux femmes, à la géographie, à la mesure et à l'intelligence."
Guillaume


lundi 30 mai 2011

S'il s'avise de te pincer les fesses...fais comme si c'était pas trop grave


Je reçois souvent des témoignages de la part d'amis, du genre ce celui là : 
"Durant un déjeuné à la cantine, à la pause de midi avec mes collègues, il y a encore une femme qui a raconté qu'un haut fonctionnaire français l'avait tripoté dans le TGV. Réprobation générale de tous les collègues. "Le salaud, le ...."enfin la curée. Ça me démangeait très fort de dire " bon y a pas mort d'homme", mais j en'ai pas trouvé de raison de me faire détester aux yeux de personnes que je trouve plutôt sympathiques d'habitude. Ça m'arrive assez souvent de me retrouver dans cette situation, quand le sexe est abordé de cette manière par les femmes, et ça me met à chaque fois mal à l'aise. Durant ces moments, il y a toujours quelques hommes aussi lâches comme moi qui gardent le silence, mais la majorité prend ouvertement parti pour les demoiselles et lancent les chiens, je déteste vraiment ces situations." 

Que répondre à votre copine quand elle "lâche les chiens" de cette manière et que vous, et quelques autres hommes, avez l'impression d'être pris en otage? Il faudrait lui dire que les hommes se fatiguent toute la journée à faire un travail qu'ils n'aiment pas et que ça les rend heureux de regarder une belle fille, et que si un courageux lui met la main, la demoiselle peut très bien faire comme si c'était pas grave, comme proposé par ce film : 



Observons la réaction de cette femme (extrait ci en bas) lorsqu'elle reçoit une petite tape sur la fesse. Passé le sursaut de surprise, elle hésite à s'indigner, mais finalement accepte la communication visuelle avec l'homme, on sent presque un peu d'empathie. Et puis ça la fait réfléchir. Elle quitte ce regard masculin qui n'est pas celui du dominateur lubrique, mais d'un homme épuisé par le labeur qui interpelle la femme comme il le peut. Puis elle se dirige vers la fenêtre ouverte pour regarder la réalité, enfin consciente du malheur quotidien de l'humanité au travail, presque déjà gagnée au socialisme. Au final, la main aux fesses agit comme une sorte de rappel à l'ordre moral d'une féminité dont il est difficile d'obtenir l'attention plus de 15 secondes, qu'on soit marié avec la dame depuis 20 ans, ou qu'elle soit votre simple collègue de travail. Une féminité un peu éparpillée qu'il faut parfois aller chercher et rassembler pour le bien commun, comme on peut.



SA

Voir aussi : http://spqrxx.blogspot.com/2010/10/western-cassoulet-un-genre-mort-ne.html

vendredi 27 mai 2011

Le transport amoureux expliqué à ma copine


Tu dois savoir, ma douce, que l'amour est une transaction avec un inconnu (celui qui tu appelles ton chéri), qui implique un transport amoureux plus ou moins partagé, et une prise en compte des risques liés à ce transport, eux aussi partagés. 

Les parisiennes consomment surtout de l'amour en CPT ou CIP : Tranport amoureux payé par le vendeur jusqu'à un terme à négocier...(+ assurance comprise dans le cas d'un CIP). C'est à dire que suite à un accord entre ton chéri et toi, c'est à lui d'organiser le transport amoureux à sa manière, jusque là où tu le veux bien (c'est toi qui fixe le terme) après c'est plus son problème. Si tu es un peu une paresseuse, tu peux aussi lui demander de fournir une couverture risque (CIP). Mais tu dois te douter que celle-ci restera basique, c'est dans l'assurance que le mec va s'économiser. Le garçon vendeur veut bien faire le transport, mais ne s'engage pas très loin dans le risque. Il t'assurera surement d'une police antiviol de base, par exemple, mais engagera sa responsabilité à court terme : il ne se suicidera pas en cas de rupture du contrat, et ne te garantira pas contre le nomadisme sexuel). Ce sera à toi de t'assurer pour couvrir complètement un transport dans lequel tu es finalement passive : la prévention harcèlement, l'achat pilule/préservatif et les éventuels traitements (mononucléose, hépatite B, Sida....) seront à ta charge.

C'est très utilisé par habitude, je pense que tes copines aiment bien ça, mais c'est finalement pour les branleuses : la parisienne va certes fixer les limites, mais va se charger du risque, sans être active dans l'organisation de son transport. Mesdemoiselles, vraiment aucun intérêt à ce genre de relations. Car quoi ? si vous voulez être amoureuses, organisez vous même votre transport ! on y va ! on organise et puis on prend le risque avec. D'abord parce que ce n'est pas énorme comme risque, deuxièmement parce que quand on fait les choses il faut les faire complètement. Si on a envie de devenir amoureuse, si on s'en sent capable, et ça ne demande pas une énorme compétence, à ce moment là on fait un DAP (délivré sur place). 

DAP : Tu deviens "vendeuse", tu délivres sur place en prenant toutes les assurances et en organisant ton transport. Tu te livres à destination, clef en mains, directement chez le mec. Mais tu limites aussi les risques parce que tu imposes ton organisation et tu sais chez qui tu vas. Si, au contraire, tu as envie d'être plus "acheteuse" et que tu as les moyens de prendre en charge le risque, tu te fais draguer en FCA (Franco Transporteur), mais alors, dans ce cas tu organises le transport aussi. Tu le laisses venir à destination,  mais selon ton mode et ton itinéraire. 

Ce que tu dois retenir du DAP et du FCA, c'est l'importance cruciale de la "place", c'est du porte à porte directement. C'est ta vie privée et ton intimité que tu engages, bien sûr, mais la maîtrise du transport et du risque en amont devrait te garantir qualité de service, tranquillité et responsabilité. En effet, le mec est clairement identifié par toi, vient quand tu en as envie, et surtout est couvert 100% par ton assurance contre les mauvaises surprises. Par exemple, si tu craques pour un musicien en FCA ou en DAP, tu prends une police d'assurance dégâts musicologiques avec une clause spermicide, et tu y vas franco, en porte à porte, parce quand on fait les choses on les fait bien. 
SA








lundi 23 mai 2011

Tiens, voici encore du boudin de chatte sur un toit brûlant

Hier j'ai été voir ce film par désarrois au lendemain d'une séance d'oenologie politique qui a dégénéré dans la ville lumière. Je m'ennuie profondément. En face de chez moi, à Versailles, il y a un ciné club, il y avait la chatte sur son toit brûlant. 

Je lis une critique affligeante de ce film dans la presse, signée par une parisienne : "La famille est une cage où l'on étouffe dans le mensonge et la rancoeur. (...) Richard Brooks restitue la moiteur sensuelle et désespérée de l'oeuvre de Tennessee Williams. S'il est dommage qu'il laisse l'homosexualité latente de Brick en filigrane, en revanche il sait filmer l'appétit féminin. Elizabeth Taylor, taille si serrée et décolleté si offert, est l'incarnation idéale de cet appel charnel auquel personne ne peut résister."

"La famille est une cage où l'on étouffe dans le mensonge et la rancoeur" : mais qu'est ce que ce que cette femme veut dire par là ? Pourquoi une déclaration aussi péremptoire ? La réponse est simple : madame est en train de faire sa liste de course. Au lieu d'écrire trois tomates et un concombre, et de passer au rayon charcuterie, elle liste en connaisseuse raffinée du cinéma américain : la famille, c'est juste simplement étouffant, c'est clair.


"la moiteur sensuelle et désespérée" Oui, c'est vraiment désespéré, impossible de trouver au Franprix du quartier cette si sensuelle confiture allégée bio que j'adore tant.

"S'il est dommage qu'il laisse l'homosexualité latente de Brick en filigrane" : En effet, le dimanche matin, dans la Marais, il y a un grand marché où il est possible de trouver des sushis bio en promotion. Ce serait dommage de laisser ça de coté, même s'il y a une longue file latente.

"Elizabeth Taylor, taille si serrée et décolleté si offert, est l'incarnation idéale de cet appel charnel auquel personne ne peut résister." Bof, l'actrice de ce film est moyenne. Pas de quoi en faire un plat. On peut très bien lui résister au contraire.

C'est toujours le même problème avec ces cochons de journalistes. Ils  n'écrivent pas ce qu'ils voient vraiment, mais ce qu'ils veulent vraiment voir. Ils surajoutent à ce qu'ils regardent du verni, de la peinture, du stuc, de la chantilly sans aucune raison. Et de cette manière, ils croient comprendre, mais, ce faisant, ils renchérissent dans le normatif toujours plus, encore et encore. Cette journaliste nous impose à partir d'un film qu'elle s'est fait du film, une sorte d'usage du monde constitué d'une série des clichés très contraignants enfilés le plus négligemment possible sur une brochette. Le problème c'est qu'en France, il n'y a rien d'autre à manger que ce genre de "viandes douteuses" comme on dit en Afrique.
SA

Voir aussi : http://spqrxx.blogspot.com/2011/05/voici-du-boudin-2-minuit-paris-encore.html
http://spqrxx.blogspot.com/2011/10/colloque-lyon-la-presse-alternative.html
http://spqrxx.blogspot.com/2011/05/voila-du-boudin.html

Je ne veux plus être dirigé, fini.



"Je ne veux plus être dirigé. C'est à dire "tu vas te mettre là, tu vas faire ça". Je vois pas pourquoi on me dirait ça. il n'y a que moi qui peux le sentir. Mais on pourait me dire, je crois que tu pourrais essayer de faire ça ou ça. Essayer d'accord. Les ordres j'accepte plus maintenant, fini. Ils me font faire des âneries. On devrait jamais donner du texte à suivre. Il faudrait dire "écrivez moi votre texte dites moi comment vous voyez les choses". Et puis conseiller et diriger tout doucement". 

Recevoir un ordre, c'est lire un texte écrit par quelqu'un. C'est plus intéressant d'écrire soit même sa part du texte et puis de la donner à accorder à l'autre. De deux choses, l'une : ou vous adoptez une posture fondée sur le savoir et le choix de telle ou telle liste à suivre ou ne pas suivre. Autrement dit ça donne souvent des choses comme : je sais que je n'ai pas le choix, et tu sais bien que je n'ai pas le choix ! (de ce qu'il faut faire ou pas, aimer ou pas etc.) et c'est totalement prescriptif. Ou, au contraire, comme Defunes, de manière beaucoup plus prédictive, vous vous référez au "travail", le plus important est d'interpréter votre part du travail de manière personnelle avec des mots nouveaux inventés par vous, puis de soumettre ces mots aux autres.

A quoi bon se sentir être au monde de manière privilégié, si c'est pour, au final, ne faire que lire un script moyen et se fatiguer à désespérément lui donner de la valeur ajoutée, comme si on était en train de déchiffrer le sens merveilleux des hiéroglyphes, alors qu'on ne fait que suivre l'ordre du jour à la lettre ? A quoi ça sert de lire comme des extralucides dans la personnalité et les intentions du voisin, de déjouer ses intrigues puis conspirer contre lui à son tour, alors qu'on ne fait rien d'autre que de renchérir contre lui dans la norme ?   Pourquoi, se contenter exclusivement de se situer, se positionner, percer, saisir ? Si Defunes, comme les autres, classe les gens (Roger Pierre, Darry Cowl...), il ne souhaite à personne de se borner à travailler en suivant une liste. A un moment donné, il s'arrête quelque part, n'importe ou dans un terrain vague et y fait sa part du travail : avoir quelque chose à proposer plutôt que de proposer à quelqu'un d'être. 
SA



mercredi 18 mai 2011

Un peu de calme svp


Dans la vie nous avons tous un ou une meilleur(e) ami(e), modèle de vertu, qui prêche la tolérance et l'amour universel. Il se trouve que souvent ce(tte) même ami(e) fait 80 heures par semaine pour son job. Comme modèle de tolérance on peut repasser. L'ami(e) si calme et apaisant(e) devient sur l'autre versant de sa personnalité un fanatique en train de bouillir dans son jus d'envie d'aller travailler. Ce triste individu sacrifie tout ce qui lui passe par les mains à son vice. Pour les psychiatres, ce vice peut être deux chose. Ça peut être l'argent. Dans ce cas ce(tte) bon(ne) ami(e) est un(e) espèce de radin(ne) qui ne vit que pour accumuler du fric, et convertit automatiquement le moindre effort de concentration qui meut son cerveau en pognon. Tout aussi grave, la deuxième voie. Il s'agit d'un malade qui dédaigne l'argent royalement au bénéfice de la loi du plus grand effort possible. Il s'agit d'un être hyperactif, d'un malade de l'effort, d'un forcené relationnel, d'un bûcheron des heures de présence, d'un monomaniaque de la contrainte, qui fait ça pour le plaisir de se sentir en ardeur, de se retrousser les manches la tête en feu, et, on le devine parfois, de pouvoir emmerder le plus de monde possible au nom de l'activité sacrée.

Mais quelle bon Dieu d'activité ? Se fatiguer pour faire du flouze par avarice, ou le pendant horrifique, se fatiguer par masochisme et prendre son fric comme une médaille, une confirmation en fin de mois, des fois où on l'aurait oublié, qu'on s'est vraiment bien fait chier pendant 5 semaines délicieuses.

Mais il y a encore plus grave. Ces petites locomotives qui avancent en poussant de temps en à autre un coup de sifflet comme des agents de polices en train de faire la circulation, comment font-elles pour se reposer, pour ne pas tomber en panne ? C'est très simple, elles écoutent de la musique. Et la magie du son les transporte dans un univers parallèle où ces malades ne sont plus obligés de se justifier de rien aux yeux de qui que ce soit. Et ils en reviennent encore plus fortement bandés qu'avant. Et ils repartent au turbin. Jamais une seconde à eux, toujours le nez dans l'agenda, toujours entre deux créneaux horaires, comme les sentinelles d'un donjon qui s'assurent d'un coup d'œil que personne va venir les faire chier du dehors, les déconcentrer dans leurs maudits travaux.
SA

samedi 14 mai 2011

Voici du boudin 2 : Minuit à Paris, encore un malentendu chez les fous


                       Minuit à Paris de W. Allen, l'américain blond sur les quais avec une parisienne


Revenu d'Afrique depuis quelques jours, et trouvant la vie en langue française toujours aussi fade, entre les beaux, les festiveaux et les carnaveaux, et la radio aussi, je vais voir le film de Woudi Alen sur Paris. Peut être le point de vue d'un américain pourra t'il m'aider à comprendre pourquoi Paris me semble être une ville remplie de cochons ?

Le Journaliste du Monde dit à propos du film : "On ne croit pas qu'il faille comprendre le film, sur la suggestion du dossier de presse, comme "la déclaration d'amour de Woody Allen à la capitale française, qu'il considère comme la plus belle ville du monde, à l'égal de New York". On croit, au contraire, qu'une certaine imagerie de Paris, comme de New York, aide tout au plus Woody Allen à rendre vivable le fait d'être né vieux, faible, juif et névrosé dans un monde où la force, l'injustice et la cruauté règnent sans partage".

Le journaliste de Libération écrit :  "Soyons sérieux, Paris n’est pas le sujet de Midnight in Paris et sa réalité géographique, sociale, humaine, pas davantage (On ne verra pas ici la Goutte-d’or, et encore moins le 9-3). Paris aujourd’hui connaît le même traitement carte postale que Manhattan en 1980. La Ville lumière y est un territoire de rêve purement mental, une sorte de grotte du temps passé qu’il examine [le cinéaste] en spéléologue de la nostalgie".


Pour  les deux journalistes  il est bien évident que Paris est un "territoire de rêve" susceptible d'"aider" (sans s'imposer) un homme américain, angoissé et excentrique, fantaisiste et intellectuel, pacifiste et fragile et surtout inoffensif, à se réfugier dans une sorte de rêverie mélancolique, de fuite ouatée et doucereuse, hors de la réalité, celles des quartiers paupérisés du 9-3, des sales guerres, du programme nucléaire français....dans la paix et l'harmonie de songes urbains en dentelle parisienne. C'est un Paris "purement mental", un gateway emprunté pour éviter le désenchantement du réel.

Mais c'est là que la critique dérape car c'est difficile de lire que Paris est territoire prétexte au rêve qui nourrit l'exil intérieur du persécuté. Car enfin quel rêve ? Paris est un territoire aménagé à fabriquer des imbéciles. Paris est une dégueulasserie urbanistique, une matrice qui restreint le champ cognitif des français, comme celui des étrangers qui y habitent, qui commende l'usage d'une langue dont l'expression est exacerbée mais inappropriée aux travaux des jours. Paris est une organisation bancale embarquée dans une course folle aux subventions, aux stages, aux formations et au logement, une espèce de foire aux voyages qui vend des origines / destinations mondiales comme un hypermarché Leclerc. A paris, il n'y a strictement rien à faire d’intéressant,  rien à rêver, rien à imaginer. La  vie passe dans la fadeur et la fatigue entre deux soirées cinées, deux malentendus sentimentaux.

Les journalistes comprennent le contraire de ce que le film imprime. Paris, dans sa réalité et sa rugosité, est bien l'objet de ce cinéma qui est un essai argumenté et engagé de géographie urbaine, sociale et historique. Woody explique que c'était une chance exceptionnelle de vivre à Paris dans les années 1920 et qu'on peut encore y trouver de nombreuses traces dans le Paris d'aujourd'hui. Pour enrichir la réflexion, parce que le sujet est compliqué, le héros blond du film raconte qu'une ville est une symphonie mais en plus difficile à comprendre, et pose la question du postulat relativiste qui voudrait que toutes les villes du monde aient en commun de susciter l’intérêt ou la fuite chez le citadin. Alors justement, lui adore Paris et y trouve des trucs sympas à faire, et il ne va pas visiter ce qui ne l’intéresse pas, genre le 9.3. Il n'y a pas d'exil dans l'imaginaire ni d'utopie urbaine à aller chercher dans ce truc.

Finalement on découvre que le héros aime la musique retro, c'est son truc, et il rencontre une jeune parisienne qui aime ça aussi, les oldies, et en plus elle vend de vieux disques pour faire plaisir, comme ça. C'est totalement vraisemblable et hyper réaliste. Si on aime vraiment la musique, on peut surement se plaire à Paris, où beaucoup de gens aiment ça aussi.

SA
Voir aussi : http://spqrxx.blogspot.com/2011/05/voila-du-boudin.html
http://spqrxx.blogspot.com/2011/05/tiens-voici-encore-du-boudin-de-chatte.html
http://spqrxx.blogspot.com/2011/10/colloque-lyon-la-presse-alternative.html












lundi 2 mai 2011

Voilà du boudin !


Encore de l'écriture qui pue la cochonnaille de journaliste français.

"Dès que les deux enregistreurs auront été retrouvés, un navire de la marine nationale viendra les récupérer sur l'Île de Sein pour les emmener en Guyane. Il semble exclu qu'une escale soit prévue au Brésil par crainte d'une saisie de ces pièces essentielles au déroulement des enquêtes technique et judiciaire. Puis, à bord d'un des avions de ligne quotidiens depuis Cayenne, les enregistreurs seront acheminés au Bourget au BEA qui dispose des bancs spécialisés de lecture. "

En particulier :

"Il semble exclu qu'une escale soit prévue au Brésil par crainte d'une saisie de ces pièces essentielles au déroulement des enquêtes technique et judiciaire". Au début je me suis dit. Bravo, le journaliste écrit comme si c'était l'évidence que les français ne veulent pas que les Brésiliens participent à l'enquête, quitte à leur cacher des informations. Airbus et Air France ne veulent pas être reconnus coupables et donc payer des centaines de millions d'Euros. J'avais lu :  "par crainte [de la part d'Air France et d'Airbus] d'une saisie de ces pièces essentielles au déroulement des enquêtes technique et judiciaire [menées par les brésiliens]" Je pensais qu'il évoquait l'enquête brésilienne, ce qui aurait été possible parce qu'il y en a une.

Mais en fait, pas du tout. Il faut lire ça comme ça :  "par crainte d'une saisie [de la part de ces sauvages de Brésiliens qui sont des incapables et malveillant en plus] de ces pièces essentielles au déroulement des enquêtes technique et judiciaire [effectuée en France par le BEA, seul capable de lire les boîtes noires.]

dimanche 1 mai 2011

La vie en société est chiante comme un 1er mai

1-La vie en société est chiante, car les autres c'est l'enfer. L'être humain lorsqu'il grandit en humanité est poussé à s'éloigner de ses semblables pour conserver la paix de l'âme et de l'esprit. Cet être humain devient un être d'exception qui ne supporte plus que la proximité d'autres êtres d'exception. Cet être peut défendre la démocratie et l'égalité de tous devant la loi, par principe, mais il trouve ça porfondément ennuyeux.
2- Certains moments -entendre espace spatio-temporels dans l'histoire de l'humanité- de la société sont chiants, car ce sont des moments de brouillages sémantiques, au cours desquels on ne peut de toute façon pas, se faire à la société dans laquelle on vit, car elle se définit elle-même en opposition avec toute notion d'identité. Elle se définti comme la non-société et elle trouve ça formidable. "Ensemble pour tous nous séparer" pourrait être son mot d'ordre.
La 2e solution est facile à combattre pour ses sopposants. "Vous créez un passé mythique, d'une société parfaite, mais non la société est ainsi telle que vous la voyez."Ils ajoutent  "Et encore celle-là est plutôt pas mal, il y a bien pire : regardez les musulmans comment il traient les femmes, rien que d'y penser..." C'est là que le bât blesse : il n 'y a pas mieux, mais il y a pire ! Paradoxal n'est-il pas ? S'il y a pire, c'est bien qu'il peut y avoir mieux. Cela signifie aussi que l'on peut porer un jugement sur une société, et que l'on peut se tromper en l'émettant. Cela signifie aussi que forcément on est influencé par sa position d'émetteur du jugement, en l'occurence français. Ce que les français ont beaucoup de mal à comprendre, puisque la majortié de ceux qui se flattent de penser se vantent aussi de ne pas être nationalistes, pas influencés culturelleemnt par leur territoire et leur histoire, c'est pour ça qu'il s pensent. Ce sont évidemment des tarés mais c'est une autre histoire. 
Il s'agit donc d'un sophisme qui cache un romantisme indécrottable, la maladie du "je", du "moi" et de "l'être".
NB : cette maladie survit très bien aujourd'hui car tout le monde le dit l'être s'oppose à l'avoir qui est mauvais, alors que l'être est bon. L'égoïsme abominable recouvert par ces notions n'est pas pris en compte. Nous sommes tous Rimbaud et vogue le bateau ivre.

GA 

mercredi 27 avril 2011

Sadio le Mandingue irradie l'Alliance française de Ziguinchor





"Nourri à la plus ancienne tradition mandingue, comme à de nombreuses influences, Sadio Cissokho, incarne une pratique de la Kora résolument ouverte, riche d'expériences glanées aux 4 coins du monde.Installé aujourd'hui à Londres, il nous revient avec le Golden Kora Band..."

Ce soir à Ziguinchor, à l'Alliance française, c'est concert. Un des rares groupes sénégalais à réussir au rayon cuisine du monde des supermarchés britanniques. Public de toubabs francs, plus ou moins alcoolisé, mais aussi des spectateurs actifs, volontaires, bienveillants, le petit doigts sur la couture du pantalon,dont on devine l'esprit critique sensible à l'expression artistique exotique. Les toubabs battent des mains et des pieds,  rivalisent avec la rythmique africaine, laquelle, notoire, est inlassablement exprimée par les percussions dont Sadio et ses amis abusent généreusement. Ca vous sonne, vous assomme, et pour ne rien arranger, les cordes métalliques de la kora électronique de Sadio, entre deux larsens, rajoutent au supplice, sous les applaudissement et les cris d'encouragement d'un public français en sandalette, avide de son et d'avoine. Comme pour nous rappeler qu'au commencement était le verbe, les voix des néo-griots psychotiques se font bientôt entendre sans fatigue. Un homme et un femme à forte capacité pulmonaire interpellent directement le public en wolof sur le ton très impératif que cette belle langue partage avec l'allemand. Le voix impérieuse de la femme, véritable déesse mythologique, nourricière et guerrière en même temps, est tellement puissante, monocorde, sans jamais sembler manquer d'air, qu'on prête volontiers à ce souffle fertile une sagesse remontée de la nuit des temps. Puis c'est l'éclosion, la germination..à force de rugissements incantatoires, les auditeurs finissent par mousser, exactement comme de la viande de dinde laissée dans une glacière au soleil d'été un jour de barbeuk. Ce soir sur la scène de l'alliance française, sous les manguiers tropicaux bercés par la brise, les toubabs en redemandent. Ils savent plus trop bien quoi d'ailleurs, de la bière, du vin, des frites. Les couples, dont les sentiments réciproques sont exacerbés par la magie du moment, bien sûr, même s'ils ne semblent pas bien malin, entre lentement en fusion....Pendant que Fukuchima contamine dans la joie et l’allégresse le monde au plutonium français, on a envie de mettre fin à cette comédie qu'on appelle la vie dans la langue de chez nous, tant il est vrai que cette musique puissante nous révèle à nous même, c'est à dire des ordures. Je ne suis pas, malheureusement, le professeur Unrat qui regarde danser Lola dans un cabaret de Lubeck. Je suis un français et je regarde d'autres français en train d'essayer de se divertir. Je me sens suffisamment proche d'eux pour être un peu effrayé par ces plats nauséabonds, proposés à la carte du bon gout, dans lesquels ils semblent se repaître comme des cochons.
SA

jeudi 14 avril 2011

La prodigieuse histoire de la femme 1



Ce matin, à l'Alliance Française de Ziguinchor, je lave consciencieusement mon linge dans le lavabo du complexe. Je demande à un membre du personnel un endroit où faire sécher mes affaires. Il me montre l’arrière-cour, le territoire des femmes de ménage de l'Alliance. Nous surprenons, mes deux Tshirt blancs, mon pentalon gris et mon slip noir sous le bras, deux femmes assez âgées en plein travail. Dotés de cuisses énormes et d'un haut du corps plus fin.

 La femme africaine ne s'assoit pas quand elle lave, elle se penche, dévoilant au monde sa croupe recouverte d'une jupe, qui l'enracine au sol comme un Baobab, sa colonne vertébrale avec la flexibilité du roseau, se plie vers la bassine d'eau, tandis que ses bras maigres et ses mains noueusest battent le linge sans répits.
Je tends mon paquetage à l'une de ces braves femmes qui doit s’appeler Marie. Elle quitte sa bassine et se relève vers moi, mais reste au 3/4 penchée, parce que ses hanches ont du mal à dépasser l'angle à 90° d'ouverture, 45° étant sa position de travail, et elle travaille 15 heures par jours depuis 40 ans.
Elle inspecte mon travail d'un oeil expert, qui se vrille sur les nombreuses taches que ma négligence a laissé passer sur mes maillots de corps blancs (je refuse de lui laisser examiner mon slip). Mon pantalon gris est jugé propre, mais son essorage laisse à désirer en raison de la rugosité du tissus. La petite dame, vive comme l'éclaire, enroule d'un geste expert les jambe du pantalon suintant autour de l'os de son avant bras blanchit par les lessives et le tord de sa poigne d'acier, comme si c'était le cou d'un poulet, faisant gicler de grandes quantités d'eau à chaque tour de vis. Dans le même temps, sa collègue s'empare de mes Tshirt et les plonge aussitôt dans l'eau de javel de sa bassine. Puis, ensuite, toutes les deux ensembles, se redressent avec ferveur, bras et cou tendus, dans un élan irrésistible vers le ciel, pour tenter d'accrocher mes habits sur les cordes à linge à deux mètres du sol.

Nous pourrions être dans ce film de Stanley Kubrik sur l’odyssée de l'espèce, l'espèce femelle en particulier.
Comme une ellipse spatiotemporelle foudroyante, je me retrouve quelques mètres et secondes plus tard dans  la bibliothèque de l'Alliance, où, après des siècles d'émancipation, lessive après lessive, une toubab Franque (Cf photo), la peau délicieusement beurrée par les crèmes du soleil des tropiques, tape nonchalamment sur ordinateur portable, comme si la femme n'avait jamais fait que cela toute son histoire. Les coussinets de ses dix doigts qui frappent légèrement les touches du PC, remplissent la salle tapissée de livre, d'un rythmé, cadencé et apaisant qui appelle la concentration. Mademoiselle pianote un logiciel d'édition, de la page duquel elle glisse vers Photoshop, puis vers outlook, et l'on comprend qu'elle est en train de travailler, en temps réel, à quelque projet de livre d'art en couleur, probablement en relation avec un bal, un festival, ou un carnaval, à la promotion d'un artiste local qui sera bientôt projeté à Paris. Son téléphone portable sonne régulièrement ajoute une sous-rythmique plus lente. Le tempo de l'ensemble est tenu par un petit pieds délicatement chaussé d'une sandale, qui s'agite en va et vient sous la table, cette petite masturbation qui remonte par les cuisses est une mise en branle doucereuse indispensable qui inonde le cervelet d'une hormone de béatitude favorisant, par le plaisir, le travail intellectuel. Nous le voyons, et quand bien même si la française irradieuse de l'ère Fukujima, n'est pas encore parvenu à se redresser totalement, son travail de bureau lui imposant un dos voûté et une tête qui se tasse un peu dans ses épaules...., que de progrès depuis le modèle féminin archaïque de la femme de ménage africaine ! Cette dernière rentre chez elle tous les soirs pour se faire prendre par un mari bien peu connaisseur des critères de beauté européens, et bien sûr faire à bouffer à la famille, avant qu'on la laisse enfin ronfler. Par contre, la toubab blonde, à l'accent de Paris, séparée de sa cousine par des siècles de progrès, restreindra beaucoup plus l’accès à son entre jambe (autrement que par et pour elle-même, nous l'avons vu) et compensera le manque à gagner en cérébralité, dont les temps forts les plus exubérant se marqueront par des pots interminables dans les jardins luxuriant de l'Alliance, ou ses doigts de pieds et de mains continueront à s'agiter de la même manière, mais cette fois pour orchestrer la magnifique symphonie mondaine, sur fond de concert live de jazz manouche, sous les étoiles du soirs du ciel tropical. Bien malin qui parviendra à la sauter. Et bien des honneurs à celui qui trouvera en lui les ressources physiques d'y parvenir dans le cas où elle serait consentante, parce que bourrée.

Que de progrès la femme a accompli, donc, depuis le stade archaïque jusqu'au produit de l'évolution sophistiqué qui enchante nos vies d'aujourd'hui. Il serait tentant en conclusion d'esquisser quelques étapes intermédiaires dans cette grande épopée. Deux sont particulièrement remarquables

1. Le stade que l'on peut dire proto-érectif, que l'on rencontre souvent en Afrique. Il s'agit la femme debout, à 180°, mais encore très attachée la lingère primitive. Cette femme, qui ne travaille plus guère de son corps, est visiblement engagée dans la voie de l’émancipation et donne certains indices d'une vie cérébrale sérieuse. Mais, si elle se sert de plus en plus facilement de son cerveau, la jeunesse de sa libération en fait un être encore cognitivement très entravé par l'inertie de siècles et de siècles d'une mono-activité, à savoir le ménage. Aussi, cette femme debout, va mettre à contribution son avantage intellectuel fraîchement acquis afin de se payer la joie de dominer une femme archaïque, encore à 45°,  incapable de faire autre chose de noyer, puis d'étrangler, puis de faire pendre du linge. La femme en érection s'épanouit dans cette relation maîtresse/esclave. Devenue spectatrice sans empathie du travail des autres, elle ne peut s'empêcher de rester fascinée par le prodigieux fessier monolithique que possède sa soumise penchée à la bassine, qu'elle ne quitte jamais du regard, ni ne cesser d'invectiver durant le travail. Encore très étrangère au raffinement du libertinage, et en même temps privée par l'évolution de ce postérieur  dont elle est éprise et qu'elle place toujours au coeur même de sa conscience de femme, elle ne fréquente pas d'homme, mais se console par la satisfaction orgueilleuse d'être devenue intelligente.

2. Un autre chaînon dans l'évolution de nos compagnes se rencontre, lui, plus souvent en Europe. Il s'agit de le femme dite proto-connective, qui s'éveille lentement vers cet intellectualisme de la pensée réflexive à l'infinie, spécificité de la femme "computeurisée". Le déclic se produit lorsque cette femme comprend peu à peu, puis de mieux en mieux, l'exercice de la programmation, non pas de son futur logiciel de design, mais de sa machine à laver. C'est le lien naturel entre la bassine à blanchir le linge et la messagerie électronique, entre les mains qui servent de battoirs, et les doigts qui s'agitent comme les ailes d'un colibris sur un clavier. Moins préoccupée que sa sinistre ancêtre par la mise en esclavage des autres femmes qui n'ont pas encore atteint son niveau, elle est davantage attirée par les ambiances "laboratoires", à la fois parce que c'est très propre, un labo, mais aussi à cause des expériences qu'on peut y faire au calme. Cet femme, qui vit sans relation de dépendance, ou d’indépendance, particulière aux hommes, entretient en revanche des liens étroits avec la machine, qu'elle respecte, soigne, sur laquelle elle passe de longues heures de silence à essayer d'en saisir le fonctionnement - et pourquoi pas aussi le sens caché - entre la lecture attentive du mode d'emploi et les nombreuses corrections empiriques motivés par le nouvel objet de sa curiosité.

SA

mercredi 13 avril 2011

Toubab 2. Le travail est un problème majeur de la société française

Soirée film documentaire à l'Alliance française de Ziguinchor ce soir. Le thème : Psychologie du travail et ravage du management. La toile blanche qui fait écran, tendue dans un cadre de roseau, flotte sous la brise du soir dans le jardin tropical. Monsieur et Madame le directeur sont assis juste derrière le vidéoprojecteur.

D'anciens employés français dépressifs sont reçus par un  psychiatre de la médecine du travail. Les consultations sont filmées. Les employés racontent l'enfer du travail. Ce qui est dérangeant avec ce genre  documentaire qui évoque remarquablement la misère, c'est qu'on ne sait pas si l'on est en train d'assister à un mémoire de recherche de psycho ou de socio, ou alors à une héroïque enquête journalistique racoleuse et sensationnaliste. La caméra fixe et le canon à son gobent de manière indifférencié toutes les humaines horreurs échangées de part et d'autre du bureau en PVC, filmé en coupe,  dans le cabinet de consultation, ambiance sécurité sociale : carrelage de cantine scolaire, murs recouverts de peinture beige école communale. Un médecin en blouse blanche,  laid, sans maquillage, parle un français métallique et neutre, mais de bon niveau, bien fluide et articulé, tout plein d'une fausse humanité, questionne son patient, que l'on devine expédié par le pôle emplois de son département. Le malade répond dans un français un peu plus bariolé, mais assez bon aussi, il a cela en plus qu'il se perd dans des descriptions, des justifications, dont tout le monde se fou. Quand on pense que certains psychiatres, dans le privé, reçoivent le client dans des salles de consultations luxueuses, lumière tamisée, boiserie précieuse, et tapis persan !

Les toubabs en affaires ou en vacances, qui noient leur soirée tropicale dans l'eau minérale ou la bière, au bar de l'Alliance, regardent le film d'un oeil vague. Les locaux, noirs, employés de l'Alliance regardent aussi. Ils terminent leur journée de travail à la bibliothèque ou au bar par une apothéose filmique française et voient de leurs yeux que les toubabs se font bien plus chier qu'eux au travail, et que finalement, même s'ils sont employés à vie à l'Alliance sans espoir de promotion, et pour des nèfles en plus, ils ont de la chance d'avoir un directeur aussi humain, eux. Il y a aussi d'autres  locaux qui font des affaires avec les toubabs, des intermédiaires, des coxers, qui sont renforcés dans leur conviction profonde d'africain, que la france est malade et qu'il faut que ses employés les plus dépressifs viennent se soigner au Sénégal.

Étrangement, il y a un autre écran ce soir à l'Alliance à 20 mètres de là, plus petit, c'est une TV de moyen standing. On y passe du football, et 30 sénégalais supportent Manchester contre une autre équipe d'europe sur des chaises en plastiques. Au début je trouve cela sympathique, merde à ce film hypocrite et à ces toubabs moralistes et coincés qui sortent leur violon enduit d'antiseptique de l’hôpital. Ces enquêtes journalistiques boiteuses qui n'en finissent pas de boiter...mais quand j'entends le commentaire de crétin des journalistes sportifs de Canal Plus, que l'on capte visiblement en Afrique, je me dis qu'il n'y a plus d'espoir, que le reflet de la face de crétin des nuisibles est sans fin.
Alors, je me lève et vais m'abriter à l'intérieur du bar, un peu plus protégé. Je regarde les serveuses faire leur boulot. J'entends encore des bribes du film psy. C'est la partie finale, le débriefing des médecins du travail, dont on se rend compte qu'ils s'expriment entre eux, et avec le journaliste, dans la même langue professionnelle, qui sait si bien racoler dans l'intime, qu'avec les patients.

Et ce film devient peu à peu, ce soir, à Ziguinchor, une obscénité qui provoque la nausée. Nausée que je suis bien le seul à avoir parce qu'à regarder la tête des spectateurs, tout le monde s'en fou.

samedi 2 avril 2011

Toubab 1 : Un animal doué de raison ?


                     Bar de l'Alliance Française de Ziguinchor, "une ville sous-préfecture en folie"


C'est la règle, quand deux toubabs (toubab : blanc en Afrique francophone) se croisent, ils se regardent avec une indifférence timide et vaniteuse, chacun est une star qui marche dans la rue en espérant garder son anonymat. Si l'on croise une brochette de toubabs en allée, alors que l'on est seul, l'ignorance réciproque sera superbe. Si le français blanc est mal à l'aise dans son rapport au groupe, auquel il se soumet pourtant corps et âme, quand il ne peut pas faire autrement, il est encore plus mal à l'aise dans sa relation à lui même, et préserve son individualité, comme un territoire, contre toutes tentatives d'intrusion de la part d'autrui. L'Africain est, bien sûr, toujours suspecté d'être intrusif, mais le compatriote, l'autre toubab, client régulier du luxuriant bar tropical du centre ville d'une "sous préfecture en folie" comme Ziguinchor ou Bobo Dioulasso, n'est pas mieux considéré. D'autres européens, comme les Italiens et les espagnols, sont considérés comme des princes ou des radins, aléatoirement, par les autochtones qui, malgré tout, s'acharnent à satisfaire les besoins de ces touristes un peu ploucs. A l'opposée, au dire des locaux, les toubabs français seraient de plus en plus difficile à fréquenter, parce qu'ils sont antipathiques, mais aussi, parce qu'ils entrent facilement en concurrence avec les africains. En effet, le français montre souvent le besoin de vivre comme l'autochtone et de s’identifier à lui, mais, si le toubab va rechercher l'acoquinement avec l'habitant, ce dernier va rapidement pragmatiquement lui faire de l'ombre, l'un des deux sera vite de trop au soleil.

Cette reconnaissance de l'étranger en tant que mètre étalon, peut donner l'illusion d'un principe de"métissage" qui signerait la culture française du voyage. Ce rapport à l'autre est cependant totalement intransitif, il est plutôt à considérer comme une penchant psyco-sociologique pour la compréhension, sans réciprocité. Par comparaison, en Guniée Bissau, par exemple, il y a véritablement créolisation. C'est à dire que les portugais couchent sans contraceptifs avec les guinéens et fréquentent les mêmes bibliothèques. Ils partagent l'epos (la mémoire) l'ethos (la culture), le genos (la parenté), le logos (la langue), le topos (le lieu)....sans plus de difficultés. Ce n'est pas le cas du tout dans l'ancienne Afrique Française, ou le "fromage bien blanc" fraîchement sorti de l'avion, se transforme en beau "jambon rougeau" sous le soleil tropical, et fait contraste avec la mélanine des habitants. On se demande si c'est en réaction à cela, qu'ont été inventé des concepts comme la Négritude ou l'Ivoirité, ainsi que la pertinence de cet anoblissement de la couleur africaine, dans la mesure où il s'oppose à une palette française qui fait plutôt référence à la vitrine fromage / charcuterie du traiteur du quartier.

Quelle peut être la psychologie de ces toubabs, de Paris ou de Province, qui se promènent nonchalamment dans les ruelles africaines, à des décennies d'études après le bac, et tous les symptômes d’inhibition physique et de cérébralité intellectuelle qui vont avec : le front plissé, barré par les sourcils, le dos maigre, musculeux et voûté, plein de contractures, chez les hommes comme chez les femmes, ces dernière qui ont en plus les seins placés trop bas, et qui tombent, faute d'usage, comme souvent chez les intellectuelles. Leur tête est certainement mieux faite, car elle n'est pas très pleine en vérité. C'est, en effet, un savoir efficace qui les possède, comme la joie de déambuler 5 minutes dans les rayonnages de la bibliothèque du Centre Culturel Français, avant de s'embarquer en 4x4 revitaliser la culture régionale de la cambrousse à l'occasion d'un festival jazz un peu cucu. Ces espèces de Francs, filles et fils de Clovis, qui cachent leur atavisme germanique derrière un accent français à couper au couteau, toujours plus parisien, à mesure de la monstrueuse croissance de cette ville, pleinement macrocéphale, qui s'énonce en un sourire coincé, une ouverture biaisée vers l'autre, une agressivité latente : "chai pas enfin heuuu jveux dire, le truceuuu le machinheuuu, twoi csqujwedire ?..en parlant du steak frite à 3000 Francs sur la carte du restaurant ou, de la même manière, de l'exposition d'un artiste local totalement nul. Ce ramage extraordinaire compense le trop blond plumage nordique délavé par l'apprêté du climat des pays chauds, la clope dans le bec remplace le fromage de la fable.

Forgée au feu de la colonisation et du progressisme durant cette époque historique de crétinisme aiguë qu'était le Second Empire, la compréhension de la révolution industrielle par les français n'a pas été une réussite. Conséquence directe, le toubab, chez lui, en France, a l'habitude d'user plusieurs fois par jours, sans même s'en rendre compte, des infrastructures à grande capacité, pour lesquelles il paye cher, et qui forment un espèce de ciment national : sa centrale nucléaire au plutonium, son TGV, son autoroute, son hypermarché, sa capitale mondiale, Paris. Il en résulte une path dependancy, comme disent les anglais, ou encore une dépendance à l'infrastructure qui rendrait les gens butés et obsédés, comme si le moteur ou le goudron, ou l'hypercentralité d'une ville, bridaient l'imagination. Si le toubab des tropiques n'emporte pas ses infrastructures avec lui dans ses bagages, son comportement et sa psychologie restent déterminés. En pratique cette maladie s'exprime par l'illusion du "libre choix", exactement comme une liste de course qui donne l'impression au client d'avoir le choix entre les millions de produits de l'hypermarché de Monsieur Leclerc, alors qu'il ne fait que suivre docilement sa liste écrite à l'avance par rapport à l’énorme catalogue du magasin qu'il a fastidieusement appris par coeur. Il en va de même sur les routes d’Afrique où le français y poursuit, en rêve, ses inventaires de supermarchés et son besoin d'énergie inépuisable à satisfaire. 

L'Africain francophone, dont le pays est pauvrement doté en infrastructure, qui étudie, a étudié, ou voudrait étudier, ou travailler, en France, peut faire montre légitimement d'une réflexion intellectuelle envers le pays des toubabs. C'est bien là son drame, parce qu'il risque alors de reprendre à son compte, sans la comprendre entièrement, la règle du "choix sacré" et l'usage intensif de la comparaison qui l'accompagne. Les Africains qui font leurs affaires avec les toubabs, qui marchent distinctement à leur coté, ou se posent comme des individus libres face à eux, et engagent même parfois avec le toubab des jeux de "bras de fer", finissent pourtant, toujours, à errer sur le bord de la route goudronnée, êtres possédés, les yeux hagards, le regard fou. Tant l'usage du monde des français est corrosif et vicieux. Pensons à ces millions de toubabs métropolitains dans leur "territoire aménagé". Comment leur monde étrange, totalitaire et qui fait l'éloge de la liberté en même temps, est-il supportable, ne serait-ce que quelques minutes ? 

SA

samedi 19 février 2011

Mon copain est un musicien et j'en souffre, numéro 2

Dans cette parodie française d'une série TV américaine du début des années 1990, les deux personnages, une femmes blonde et un musicien d’atavisme latin, sont en train de parler d'amour.
Ca me fait penser à Malte, où il m'est arrivé presque la même chose avec une jeune femme Belge, de Liège, que j'ai rencontré à mon hôtel et qui s’appelait Hélène. Elle était assez jolie, et aimait Coco Mademoiselle de Chanel. Elle sentait bon, mais était bête, parce qu'elle ressemblait trait pour trait à la femme de cet extrait.
Elle se la pétait, en référence à l'amour qu'elle portait à un musicien. Elle se prenait pour la reine amoureuse des nuits liégeoises...la princesse du musique hall du plouc-ville Wallon .Un soir, au café, alors que nous avions bu, je lui demandai s'il elle était amoureuse, de la même manière que dans ce film l'homme le demande à la femme. Elle me répondit très sérieusement que...oui, d'un guitariste, un merveilleux guitariste très doué.
"Alors tu es ce genre de fille qui tombe amoureuse d'un musicien ! " dis-je, pour la provoquer.
"Non" me répondit elle, "tu dois savoir que je l'aime lui, en propre, pour ce qu'il est plus que pour sa guitare,  mais lui ne m'aime pas. Plus loin de lui je suis, plus heureux il est, et plus amoureuse de lui je suis...mon Dieu qu'il est beau....c'est un des meilleurs guitaristes du bar où je travaillais avant...".
Elle aurait très bien pu rajouter comme dans cet extrait : "arrête de me faire souffrir inutilement, tu oublie que je suis sensible". Car je la voyais comme renversée par une vague, tout offerte, facile, le regard un peu comme une balise de détresse qui lance des SOS, ou comme le gyrophare d'une ambulance,  happée, faible femme qui glissait vers un autre garçon de Namur...un danseur léger, qui aimait aussi la musique rock..Je la voyais comme une joueuse de Poker, attendrissante, qui abat, triomphante, ce qu'elle pense être la carte ultime pour tout rafler et, enfin, partir flamber la caisse sous les tropiques avec son amant maudit...mais, en fait, de se planter, comme d'habitude, et de se faire tondre une fois de plus.
Beaucoup de filles belges sont ainsi, petites barista saisonnières, toquées du pilier de bar, des cordes du petit gars toxico, odieux et abject en vérité,  qu'elles imaginent être le plus grand joueur du monde, artiste, selon le petit répertoire musicologique qu'elles possèdent. Je sais que beaucoup de filles françaises souffrent de ce même mal aussi. Et ce soir, en regardant cet extrait, je comprends qu'on en riait déjà dans les années 1990, de ces cloches qui s'imaginent être des divas, d'un coté, et en même temps, de l'autre, qui crient au monde leur indignation de se trouver à marcher seules et boiteuses dans les rues des capitales à la tombée du jour, de bars en bière et tout ça pour souffrir trois mauvais accords commis par le connard du quartier. Il faut croire que le rire est conservateur.
SA

samedi 12 février 2011

Le bordel au pays de Descartes...Je vous laisse juge

Cet extrait des Bons Vivants illustre la fermeture d'une maison close parisienne de haut standing, dont les clients sont vraisemblablement des visiteurs étrangers, comme ces deux suisses de l'extrait. On ne connait pas la flore parisienne de l'établissement. 

Au contraire, la scène suivante (fenêtre vidéo ci-dessous), montre un tenancier de bordel de Toulon, joué par Frank Villard, dont les habitués étaient des notables de la région. Renié par ses anciens clients, il remonte la vallée du Rhône dans une relation Province/Paris, dont le "gap" centre/périphérie, compensé par l'automobile, semble être accentué par la fermeture des maisons closes : "partout des ruines". (La fin du film revient sur la nature de la Province française, en présentant De Funes en agent d'assurance qui transforme son domicile en bouic clandestin dans une ville de 7000 habitants, avec la complicité de ses amis, le juge, le docteur, le notaire, le journaliste du coin... )



Ainsi, même si Paris est une capitale franco-française, c'est aussi  une ville qui connait un tourisme sexuel cosmopolite, lequel échappe à la sociologie provinciale, comme si la ville lumière, bien que n'étant pas un port, était une sorte de grand lupanar, foyer de tolérance raffiné de tous les vices possibles, dont l'attractivité consiste à accorder ses salons roses aux meurs des salons internationaux de la porte de Versailles, comme celui de l'Auto dans l'extrait.

En  dépit des foires, le tourisme sexuel est vaincu par le tourisme culturel ou romantique de l'île de la Cité (le quai des Orfèvres, le palais de justice à la Conciergerie, les bateaux mouches) et plus encore par le tourisme de masse, sur les plages françaises, l'été, qui serait en réalité un rapatriement en métropole d'"Honolulu", pour compenser la fermeture des maisons de plaisir des villes, ou, autrement dit, du plaisir disparu de rester à la maison. Une telle substitution étant imputable à la multiplication des "romano de plein air", bohème...genre camping, auto-stop et sandwich. C'est alors un déclassement, une descente en gamme dans la ruralité des arts urbains de l'amour, qui s'accompagne d'un travestissement du littoral provincial en île tropicale. A l'opposé, le choix d'un tourisme "réellement" exotique et élitiste, à Abidjan ou à Hong Kong, est considéré comme seul capable d'égaliser la qualité des prestations parisiennes défuntes. On peut y voir une anticipation de l’émergence des villes globales dans les pays en développement, en terme de qualité de services avancés et de traitement des flux étrangers. 

L’énonciateur, B. Blier, ne pense pas un instant qu'il puisse y avoir un autre but que la maison de plaisir dans les voyages d'agrément ou d'affaire. C'est un refus de prendre les phénomènes sociaux que sont la prostitution et le tourisme, comme des questions structurelles de société, mais, plutôt, l'idée que chacun est libre de faire ce qu'il veut selon sa fantaisie, indépendamment de tout engagement civique ou responsabilité morale...la loi frappant de manière aveugle et aléatoire. Le malheur, c'est simplement que le bon gout se perd. 
SA

!

mardi 1 février 2011

Après la Tunise et l'Egypte, la France ?

"Mon frère, mon ami, mon fils, mon camarade Tu ne tireras pas sur qui souffre et se plaint" 
Jean Ferrat


















Un marin du Cuirassier Potemkine de Sergueï Eisenstein.


Marin du Tsar hier, soldat tunisien ou CRS français aujourd'hui, ces hommes robustes et aguerris, à la mâchoire carrée et au service de l'ordre, ont aussi une conscience sociale développée. Parfois il font même preuve d'une certaine compassion envers les opprimés.
Par un petit matin de froid, engoncé dans une rame du RER, je suis occupé à lire le monde sur le papier recyclé des journaux gratuits. Je n'ai pas jeté un seul regard sur les deux voisins qui m'enserrent sur la banquette en skaï, parce que je suis en train de réfléchir.

En effet, je pense. Aujourd'hui, il y a l'Égypte dont le régime pourrait basculer. En France, les CRS ont gagné leur combat, les casernes ne seront pas fermées tout de suite, à croire qu'ils ont suivi une formation en syndicalisme avancé....Des CRS gauchistes, est-ce possible ?

Hier, quelques milliers de personnes dans les rues de Tunis ont gagné une révolution que quelqu'un a baptisé gracieusement de "Jasmin". De ces révolutions démocratiques que l'on aime aimer : des « oeillets » au Portugal, « orange » en Ukraine, de « velours » pour les Tchèques et les Slovaques...et en France...notre pauvre ratage de l'été : des millions de manifestants dans les rues, des grèves terribles : le mépris absolu du gouvernement. Peut être que Michelle Alliot-Marie a raison, que le régime de Ben Ali se serait maintenu grâce à l'aide nos CRS. Du moins....à ce qu'étaient nos CRS jusqu'il y a seulement quelques jours, avant les actions de grèves de la faim lancées par ces derniers depuis certaines casernes. Il paraît même que, quelque part dans le pays, certains policiers refusent de verbaliser des automobilistes en infraction. Après la Tunisie...l'Égypte et puis...la France...?

J'y pense. Guaino disait : " La Tunisie, c'est presque un problème de politique intérieure pour la France, tellement les liens sont étroits". Oui, il a raison. Les tunisiens sont nos frères. Mais eux ont résisté au bourrage de crane de la propagande conservatrice et ont enfumé les redoutables services du renseignement intérieur et de la sureté de l'État, la ( toute nouvelle) DCRI chez nous, la DSE chez eux.

J'y pense. Juppé disait " la Tunisie était un pays stable politiquement, qui se développait économiquement, où le statut de la femme s’améliorait, où des classes moyennes émergeaient, où un effort important a été fait du point de vue de l’éducation". En conséquence, les tunisiens ont balayé pacifiquement le pouvoir en place.

J'y pense encore. Demorand, "plutôt à gauche" , demandait sur Europe 1, station "plutôt à droite", à Melanchon, "carrément à gauche", dans l'hypothèse où le pays est vraiment en train de se déliter à cause du libéralisme, pourquoi la vraie gauche sociale ne fait pas spontanément l'adhésion générale. Melanchon ne comprend même pas la question...la réponse est si évidente... à force de taper sur les gens, ils ne se revoltent plus. J'y pense de plus en plus. Mais pourtant, il n'y a pas si longtemps, Georges Marchais marchait dans Paris à la tête des ouvriers français le 13 mai 68, et le Général s'enfuyait en hélicoptère rejoindre l'armée de l'est, à Baden Baden. Pourquoi Paris ne se fleurit-il pas à nouveau des cerisiers du printemps des peuples ?

Ces CRS qui font la grève de la faim, sont-ils en train de retourner les matraques contre leurs employeurs, tout comme les marins du cuirassier Potemkine le firent-ils avec leurs carabines ? Ce qui signifierait que le régime actuel est en train de s'écrouler et que la 6 ème République est pour demain. Ou, au contraire, le désespoir des policiers, proviendrait-il d'une crise existentielle causée par la découverte soudaine de leur inutilité ? Pour reprendre une certaine chanson, aujourd'hui, finalement, on ne frapperait plus vraiment...et ça deviendrait fade de faire de l'ordre à toute force, presque un travail de nana commandé à ceux qui savent lire...Que devrait dire Maxime Leforestier qui conseillait, en 1970, un travail dans la police aux parachutistes ? Anachronisme.

L'odeur de shampoing et d'eau de toilette des hommes et des femmes usagers du Stif qui se rendent au travail à Paris, toilettés de frais, dans la vielle rame Alstom des années 80, me monte à la tête. Hier, j'ai lu que l'Île de France avait la productivité du travail la plus forte en Europe. Les gens d'ici savent se tenir comme il faut et faire du fric. Peut être que, comme les 300 000 français qui bossent quotidiennement dans les affaires à Londres, ceux auxquels Fillon à rendu hommage recemment, sommes-nous en train de nous la jouer "keep smiling" :-)
Peut être que les nouveaux métros qu'Alstom et Siemens se disputent au Caire et à Tunis ont-ils contribué à organiser la foule en ligne de bataille contre le despotisme ? Mais ces mêmes infrastructures risquent aussi d'engendrer, demain, la fin de la révolution permanente, de la conscience de classe, au profit de la civilisation globale.

Et si le problème c'est qu'il n'existe justement plus de classes moyennes en France ? Que le statut du travailleur s'est dégradé notablement depuis les années glorieuses de l'après guerre ? Que la jeune femme française d'aujourd'hui est moins émancipée que sa propre maman ou que sa consœur tunisienne ?

J'y pense avec acuité. La Belgique est sans gouvernement depuis des mois, et n'en aura probablement plus jamais. Benoit Poelvoorde se laisse pousser la barbe pour marquer le coup, et ressemble ainsi un peu à ces esthètes athéniens, philosophes barbus de l'Antiquité, méprisés par des Romains qui ne juraient que par la discipline militaire du poil ras. Et que se passe t'il donc dans les rues de Bruxelles, autrefois foyer de tension politique majeur ? Rien, absolument plus rien à signaler. On peut donc vivre en paix sans État, sans se mettre dans tous ses états. 


SA d'après une idée de GA



dimanche 30 janvier 2011

Lieu et poésie 1

Extrait de "Zone" d'Apollinaire , 1913

Maintenant tu es au bord de la Méditerranée
Sous les citronniers qui sont en fleur toute l'année

Au mois de mars, l'année dernière, j'étais moi même à Sorrente, avec Alexandra, l'archéologue. Nous nous sommes promenés après l'averse de pluie claire et fraîche dans les petits jardins qui se perdent dans la montagne 





















Tu es dans le jardin d'une auberge aux environs de Prague
Tu te sens tout heureux une rose est sur la table
Te voici à Marseille au milieu des pastèques
Te voici à Coblence à l'hôtel du Géant
Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon
Te voici à Amsterdam avec une jeune fille que tu trouves belle et qui est laide
Elle doit se marier avec un étudiant de Leyde
On y loue des chambres en latin Cubicula locanda
Je m'en souviens j'y ai passé trois jours et autant à Gouda

Oui, oui, moi aussi j'ai traîné dans le nord, en Belgique en Hollande, dans les rues ténébreuses de Gand, dans les bars de Bruxelles, des filles à musiciens, qui m'ont donné la fièvre, où j'ai raté ma vie

















A partir de là, ça part un peu n'importe comment. En effet : Paris, sa foule, ses femmes fatales, ses églises ringardes, ses bus RATP... blablablabla.....quel baratin ! Paris è una merda, comme disait mon amie Lucia :

Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule
Des troupeaux d'autobus mugissants près de toi roulent
L'angoisse de l'amour te serre le gosier
Comme si tu ne devais jamais plus être aimé
Si tu vivais dans l'ancien temps tu entrerais dans un monastère (...)
Aujourd'hui tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantées
C'était et je voudrais ne pas m'en souvenir c'était au déclin de la beauté
Entourée de flammes ferventes Notre-Dame m'a regardé à Chartres
Le sang de votre Sacré-Coeur m'a inondé à Montmartre (...)
Et l'image qui te possède te fait survivre dans l'insomnie et dans l'angoisse
C'est toujours près de toi cette image qui passe
BOAF !

Bon, la fin est plus mignonne :
Tu es seul le matin va venir
Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues
La nuit s'éloigne ainsi qu'une belle Métive
C'est Ferdine la fausse ou Léa l'attentive
"J'entends raisonner sur les dalles les bidons tristes du laitier", comme dit Jean Ferrat dans cette chanson que j'écoutais à Naples parce qu'on venait de me charger sur ma clef USB l'intégrale de Jean Ferrat, les Années Barclay, Volume 1, 2, 3, 4 et 5.




Ferdine, Léa, les laitières, Perette et son pot au lait, pfffffffffffff et quoi encore ?

SA





lundi 24 janvier 2011

"Oui, mon copain est un connard de musicien..et j'en suis amoureuse...."(Lady gaga)























Lady Gaga...une jeune femme chanteuse qui fait vibrer les cordes des guitares...mais aussi, une catcheuse qui renvoie les garçons dans les cordes. 



Mauvaise Romance, Bad Romance, Brutta Romanza...

alors c qui celle-là, c quoi cette histoire de bad romance
"je veux ta mauvaise revenge" qu'elle dit dans le texte en français.
Si, si
Elle est d'origine italienne
Sicilienne, selon moi, je lis dans les lignes du bassin
il est 9h30, est-il légitime vu que je commence à 9h officieillement et que je viens d'rriver que je prenne sur mon temps de travail pour parler de Lady Gaga ?
Booarff
on va dire que si vu que j'écoute cette chanson en boucle depuis hier sur youtube, afin de booster ma productivité


alors c quoi ?
bon pas grand chose
l'expression d'une perversité ordinaire
voyez-vous même
je t'aime je te hais, ùais si tu n'étai pas un salopard et que je n'étais pas une sale garce je suppose qu'on s'aimerait moins
nihil novi sub sole


sauf que...
parce qu'il y a bien un sauf...
j'ai l'impression qu'il y a là, chez c fils de chiens de Ricains, comme un soupçon de second degré

ce qui n'est as du tout le cas par exemple de la pétasse faisant la dernière page du libé d'hier que je scannerai ce soir, j'ai un documentaire sur la montée des eaux à sosu-titre, moi


Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Emportée dans une mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Emportée dans une mauvaise romance
Ra-ra-ah-ah-ah-ah !
Roma-roma-mamaa !
Ga-ga-ooh-la-la !
Veut ta mauvaise romance
Ra-ra-ah-ah-ah-ah !
Roma-roma-mamaa !
Ga-ga-ooh-la-la !
Veut ta mauvaise romance
Je veux ta laideur
Je veux ta maladie
Je te veux tout entier
Du moment que c'est gratuit
Je veux ton amour
(Amour, Amour, amour, je veux ton amour)
Je veux ta tragédie
Le toucher de ta main
Je veux ton sale baiser de cuir dans le sable
Je veux ton amour
Amour amour amour
Je veux ton amour
(Amour amour amour Je veux ton amour)
Tu sais que j'ai envie de toi
Et tu sais que j'ai besoin de toi
Je meurs d'envie, de ta mauvaise romance
Je veux ton amour et
Je veux ta vengeance
Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance
(Oh-oh-oh--oh-oooh!)
Je veux ton amour et
Tout ton amour est vengeance
Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Emportée dans une mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Emportée dans une mauvaise romance
Ra-ra-ah-ah-ah-ah !
Roma-roma-mamaa !
Ga-ga-ooh-la-la !
Veux ta mauvaise romance
Je veux ton horreur
Je veux ta créativité
Parce que tu es un criminel
Tant que tu es à moi
Je veux ton amour
(Amour amour amour Je veux ton amour-uuhh)
Je veux ton esprit
Ton bâton vertigineux
Te veux dans ma chambre quand ta chérie est malade
Je veux ton amour
amour amour amour
Je veux ton amour
(Amour amour amour Je veux ton amour)
Tu sais que j'ai envie de toi
(Parce que j'suis une petite garce!)
Et tu sais que j'ai besoin de toi
Je veux une mauvaise, une mauvaise romance
Je veux ton amour et
Je veux ta vengeance
Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance
(Oh-oh-oh-oh-oooh!)
Je veux ton amour et
Tout ton amour est vengeance
Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Emportée dans une mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Emportée dans une mauvaise romance
Ra-ra-ah-ah-ah-ah !
Roma-roma-mamaa !
Ga-ga-ooh-la-la !
Veux ta mauvaise romance
Ra-ra-ah-ah-ah-ah !
Roma-roma-mamaa !
Ga-ga-ooh-la-la !
Veux ta mauvaise romance
Marche, marche beau bébé
Travailles-y
Fais bouger cette garce avec folie
Marche, marche beau bébé
Travailles-y
Fais bouger cette garce avec folie
Marche, marche beau bébé
Travailles-y
Fais bouger cette garce avec folie
Marche, marche beau bébé
Travailles-y
Fais bouger cette garce avec folie
Marche, marche beau bébé
Travailles-y
J'suis une petite garce, bébé
Je veux ton amour et
Je veux ta vengeance
Je veux ton amour et
Je ne veux pas être ton amie
[FR]J'veux ton amour
Et je veux ta revanche
J'veux ton amour[FR]
Je ne veux pas être ton amie
Oh-oh-oh-oh-oooh!
Je ne veux pas être ton amie
(Emportée dans uen mauvaise romance)
Je ne veux pas être ton amie
Oh-oh-oh-oh-oooh!
Veux ta mauvaise romance
(Emportée dans une mauvaise romance)
Veux ta mauvaise romance
Je veux ton amour et
Je veux ta vengeance
Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh!
Je veux ton amour et
Tout ton amour est vengeance
Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Veux ta mauvaise romance
(Emportée dans une mauvaise romance)
Veux ta mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Veux ta mauvaise romance
(Emportée dans une mauvaise romance)
Ra-ra-ah-ah-ah-ah !
Roma-roma-mamaa !
Ga-ga-ooh-la-la !
Veux ta mauvaise romance

Traduction réalisée par Thom
http://www.paroles-musique.com/traduction-Lady_Gaga-Bad_Romance-lyrics,t51134

mardi 18 janvier 2011

Poèmes dédiés à Fassbinder, Pasolini et Godard...

















La mule broute le séparateur de voie végétalisé dans la grand rue de Shkodër (Albanie)

Je ne resterai pas à Paris.
Parce que ce n'est pas drôle.
C'est vraiment triste et pauvre.
GA

Il neige
Il neige
Nous grelottons
Nous grelottons
La neige
La neige
Tombe à flocons
Tombe à flocons
Anonyme.

La lune est belle, les belges sont laids
SA

dimanche 9 janvier 2011

Tendre amour ou pure débauche numéro 2


















En plein centre ville de Malte, la statue des deux amants maltais, rappelle chaque jours, de la manière la plus pédagogique possible, aux habitants de l'île, les véritables valeurs de la vie entre réussite sociale et épanouissement personnel. Ici, l'amour c'est  c'est une philosophie. 



Saint-Augustin, Confessions

"Je vins à Carthage, et partout autour de moi bouillait à gros bouillons la chaudière des amours honteuses. Je n'aimais pas encore, et j'aimais à aimer; dévoré du désir secret de l'amour, je m'en voulais de ne l'être pas plus encore. Comme j'aimais à aimer, je cherchais un objet à mon amour, j'avais horreur de la paix d'une voie sans embûches. Mon âme avait faim, privée qu'elle était de la nourriture de l'âme, de vous-même, mon Dieu, mais je ne sentais pas cette faim. J'étais sans appétit pour les aliments incorruptibles, non par satiété, mais plus j'en étais privé, plus j'en avais le dégoût. Et c'est pourquoi mon âme était malade et, rongée d'ulcères, se jetait hors d'elle-même, avec une misérable et ardente envie de se frotter aux créatures sensibles. Mais si ces créatures n'avaient pas une âme, à coup sûr, on ne les aimerait pis. Aimer et être aimé m'était bien plus doux, quand je jouissais du corps de l'objet aimé. Je souillais donc la source de l'amitié des ordures de la concupiscence; j'en ternissais la pureté des vapeurs infernales de la débauche. Repoussant et infâme, je brûlais dans mon extrême vanité de faire l'élégant et le mondain. Je me ruai à l'amour où je souhaitais être pris. Mon Dieu, qui m'avez fait miséricorde, de quel fiel, dans votre bonté, vous en avez arrosé pour moi la douceur ! Je fus aimé, j'en vins secrètement aux liens de la possession. "

Olalalalala.......Hier, j'ai dit à des françaises inconnues, de manière parfaitement amicale, en souriant, que je les trouvais intrusives, vulgaires et agressives...au lieu de laisser les choses aller, et se plier à la loi des corps, du vin, de la dance et de la musique. Mais c'est parce que je me posais des questions sur l'amour. Il est difficile de condamner à notre époque la  sexualité libre, comme ce texte le laisse apparaître, dans sa lecture qui nous est contemporaine. Nicolas Bouvier, Henri Miller, Sartre, jean Luc Godard, les gauchistes en général, les routards, les musiciens non classiques, les anglais, les siciliens, les parisiens, les psychologues, ont tous inlassablement milité, contre ce texte, pour un anoblissement de la relation naturelle, autrefois vouée aux gens de mauvaise vie et aux artistes. Ça me fait beaucoup rire d'imaginer les partenaires d'un amour de vacance se dire qu'ils sont en train de "souiller la source de l'amitié des ordures de la concupiscence et de ternir la pureté des vapeurs infernales de la débauche". Faut pas pousser !

Mais alors quid des liens de la possession ?  Peut on vraiment avoir du plaisir sans posséder l'autre dans son être entier, et se faire posséder par lui en retour ? Autrement dit, peut on dire oui  sans s'abandonner ?
Certes il y a toujours abandon, de toute manière, même dans une relation de quelques brefs moments. Mais cette possession est elle pragmatique, c'est à dire sans critères de sens et de jugement, ou, au contraire est-elle poétique, c'est à dire, plus ou moins élaborée ?  Elle est les deux bien sûr, mais dans ce cas, comment peut on accepter de laisser le plus souvent la poésie à un niveau 0 ? Parce que les gens ne sont pas des poètes en général ? Ou parce qu'il existe une poésie de la non poésie ?



















Malgré la crise économique mondiale, les maltais abordent l'avenir cul nu et de manière particulierement à l'aise. Tant il est juste de dire que l'amour est la chose la plus forte au monde. 



SA