jeudi 14 avril 2011
La prodigieuse histoire de la femme 1
Ce matin, à l'Alliance Française de Ziguinchor, je lave consciencieusement mon linge dans le lavabo du complexe. Je demande à un membre du personnel un endroit où faire sécher mes affaires. Il me montre l’arrière-cour, le territoire des femmes de ménage de l'Alliance. Nous surprenons, mes deux Tshirt blancs, mon pentalon gris et mon slip noir sous le bras, deux femmes assez âgées en plein travail. Dotés de cuisses énormes et d'un haut du corps plus fin.
La femme africaine ne s'assoit pas quand elle lave, elle se penche, dévoilant au monde sa croupe recouverte d'une jupe, qui l'enracine au sol comme un Baobab, sa colonne vertébrale avec la flexibilité du roseau, se plie vers la bassine d'eau, tandis que ses bras maigres et ses mains noueusest battent le linge sans répits.
Je tends mon paquetage à l'une de ces braves femmes qui doit s’appeler Marie. Elle quitte sa bassine et se relève vers moi, mais reste au 3/4 penchée, parce que ses hanches ont du mal à dépasser l'angle à 90° d'ouverture, 45° étant sa position de travail, et elle travaille 15 heures par jours depuis 40 ans.
Elle inspecte mon travail d'un oeil expert, qui se vrille sur les nombreuses taches que ma négligence a laissé passer sur mes maillots de corps blancs (je refuse de lui laisser examiner mon slip). Mon pantalon gris est jugé propre, mais son essorage laisse à désirer en raison de la rugosité du tissus. La petite dame, vive comme l'éclaire, enroule d'un geste expert les jambe du pantalon suintant autour de l'os de son avant bras blanchit par les lessives et le tord de sa poigne d'acier, comme si c'était le cou d'un poulet, faisant gicler de grandes quantités d'eau à chaque tour de vis. Dans le même temps, sa collègue s'empare de mes Tshirt et les plonge aussitôt dans l'eau de javel de sa bassine. Puis, ensuite, toutes les deux ensembles, se redressent avec ferveur, bras et cou tendus, dans un élan irrésistible vers le ciel, pour tenter d'accrocher mes habits sur les cordes à linge à deux mètres du sol.
Nous pourrions être dans ce film de Stanley Kubrik sur l’odyssée de l'espèce, l'espèce femelle en particulier.
Comme une ellipse spatiotemporelle foudroyante, je me retrouve quelques mètres et secondes plus tard dans la bibliothèque de l'Alliance, où, après des siècles d'émancipation, lessive après lessive, une toubab Franque (Cf photo), la peau délicieusement beurrée par les crèmes du soleil des tropiques, tape nonchalamment sur ordinateur portable, comme si la femme n'avait jamais fait que cela toute son histoire. Les coussinets de ses dix doigts qui frappent légèrement les touches du PC, remplissent la salle tapissée de livre, d'un rythmé, cadencé et apaisant qui appelle la concentration. Mademoiselle pianote un logiciel d'édition, de la page duquel elle glisse vers Photoshop, puis vers outlook, et l'on comprend qu'elle est en train de travailler, en temps réel, à quelque projet de livre d'art en couleur, probablement en relation avec un bal, un festival, ou un carnaval, à la promotion d'un artiste local qui sera bientôt projeté à Paris. Son téléphone portable sonne régulièrement ajoute une sous-rythmique plus lente. Le tempo de l'ensemble est tenu par un petit pieds délicatement chaussé d'une sandale, qui s'agite en va et vient sous la table, cette petite masturbation qui remonte par les cuisses est une mise en branle doucereuse indispensable qui inonde le cervelet d'une hormone de béatitude favorisant, par le plaisir, le travail intellectuel. Nous le voyons, et quand bien même si la française irradieuse de l'ère Fukujima, n'est pas encore parvenu à se redresser totalement, son travail de bureau lui imposant un dos voûté et une tête qui se tasse un peu dans ses épaules...., que de progrès depuis le modèle féminin archaïque de la femme de ménage africaine ! Cette dernière rentre chez elle tous les soirs pour se faire prendre par un mari bien peu connaisseur des critères de beauté européens, et bien sûr faire à bouffer à la famille, avant qu'on la laisse enfin ronfler. Par contre, la toubab blonde, à l'accent de Paris, séparée de sa cousine par des siècles de progrès, restreindra beaucoup plus l’accès à son entre jambe (autrement que par et pour elle-même, nous l'avons vu) et compensera le manque à gagner en cérébralité, dont les temps forts les plus exubérant se marqueront par des pots interminables dans les jardins luxuriant de l'Alliance, ou ses doigts de pieds et de mains continueront à s'agiter de la même manière, mais cette fois pour orchestrer la magnifique symphonie mondaine, sur fond de concert live de jazz manouche, sous les étoiles du soirs du ciel tropical. Bien malin qui parviendra à la sauter. Et bien des honneurs à celui qui trouvera en lui les ressources physiques d'y parvenir dans le cas où elle serait consentante, parce que bourrée.
Que de progrès la femme a accompli, donc, depuis le stade archaïque jusqu'au produit de l'évolution sophistiqué qui enchante nos vies d'aujourd'hui. Il serait tentant en conclusion d'esquisser quelques étapes intermédiaires dans cette grande épopée. Deux sont particulièrement remarquables
1. Le stade que l'on peut dire proto-érectif, que l'on rencontre souvent en Afrique. Il s'agit la femme debout, à 180°, mais encore très attachée la lingère primitive. Cette femme, qui ne travaille plus guère de son corps, est visiblement engagée dans la voie de l’émancipation et donne certains indices d'une vie cérébrale sérieuse. Mais, si elle se sert de plus en plus facilement de son cerveau, la jeunesse de sa libération en fait un être encore cognitivement très entravé par l'inertie de siècles et de siècles d'une mono-activité, à savoir le ménage. Aussi, cette femme debout, va mettre à contribution son avantage intellectuel fraîchement acquis afin de se payer la joie de dominer une femme archaïque, encore à 45°, incapable de faire autre chose de noyer, puis d'étrangler, puis de faire pendre du linge. La femme en érection s'épanouit dans cette relation maîtresse/esclave. Devenue spectatrice sans empathie du travail des autres, elle ne peut s'empêcher de rester fascinée par le prodigieux fessier monolithique que possède sa soumise penchée à la bassine, qu'elle ne quitte jamais du regard, ni ne cesser d'invectiver durant le travail. Encore très étrangère au raffinement du libertinage, et en même temps privée par l'évolution de ce postérieur dont elle est éprise et qu'elle place toujours au coeur même de sa conscience de femme, elle ne fréquente pas d'homme, mais se console par la satisfaction orgueilleuse d'être devenue intelligente.
2. Un autre chaînon dans l'évolution de nos compagnes se rencontre, lui, plus souvent en Europe. Il s'agit de le femme dite proto-connective, qui s'éveille lentement vers cet intellectualisme de la pensée réflexive à l'infinie, spécificité de la femme "computeurisée". Le déclic se produit lorsque cette femme comprend peu à peu, puis de mieux en mieux, l'exercice de la programmation, non pas de son futur logiciel de design, mais de sa machine à laver. C'est le lien naturel entre la bassine à blanchir le linge et la messagerie électronique, entre les mains qui servent de battoirs, et les doigts qui s'agitent comme les ailes d'un colibris sur un clavier. Moins préoccupée que sa sinistre ancêtre par la mise en esclavage des autres femmes qui n'ont pas encore atteint son niveau, elle est davantage attirée par les ambiances "laboratoires", à la fois parce que c'est très propre, un labo, mais aussi à cause des expériences qu'on peut y faire au calme. Cet femme, qui vit sans relation de dépendance, ou d’indépendance, particulière aux hommes, entretient en revanche des liens étroits avec la machine, qu'elle respecte, soigne, sur laquelle elle passe de longues heures de silence à essayer d'en saisir le fonctionnement - et pourquoi pas aussi le sens caché - entre la lecture attentive du mode d'emploi et les nombreuses corrections empiriques motivés par le nouvel objet de sa curiosité.
SA
mercredi 13 avril 2011
Toubab 2. Le travail est un problème majeur de la société française
Soirée film documentaire à l'Alliance française de Ziguinchor ce soir. Le thème : Psychologie du travail et ravage du management. La toile blanche qui fait écran, tendue dans un cadre de roseau, flotte sous la brise du soir dans le jardin tropical. Monsieur et Madame le directeur sont assis juste derrière le vidéoprojecteur.
D'anciens employés français dépressifs sont reçus par un psychiatre de la médecine du travail. Les consultations sont filmées. Les employés racontent l'enfer du travail. Ce qui est dérangeant avec ce genre documentaire qui évoque remarquablement la misère, c'est qu'on ne sait pas si l'on est en train d'assister à un mémoire de recherche de psycho ou de socio, ou alors à une héroïque enquête journalistique racoleuse et sensationnaliste. La caméra fixe et le canon à son gobent de manière indifférencié toutes les humaines horreurs échangées de part et d'autre du bureau en PVC, filmé en coupe, dans le cabinet de consultation, ambiance sécurité sociale : carrelage de cantine scolaire, murs recouverts de peinture beige école communale. Un médecin en blouse blanche, laid, sans maquillage, parle un français métallique et neutre, mais de bon niveau, bien fluide et articulé, tout plein d'une fausse humanité, questionne son patient, que l'on devine expédié par le pôle emplois de son département. Le malade répond dans un français un peu plus bariolé, mais assez bon aussi, il a cela en plus qu'il se perd dans des descriptions, des justifications, dont tout le monde se fou. Quand on pense que certains psychiatres, dans le privé, reçoivent le client dans des salles de consultations luxueuses, lumière tamisée, boiserie précieuse, et tapis persan !
Les toubabs en affaires ou en vacances, qui noient leur soirée tropicale dans l'eau minérale ou la bière, au bar de l'Alliance, regardent le film d'un oeil vague. Les locaux, noirs, employés de l'Alliance regardent aussi. Ils terminent leur journée de travail à la bibliothèque ou au bar par une apothéose filmique française et voient de leurs yeux que les toubabs se font bien plus chier qu'eux au travail, et que finalement, même s'ils sont employés à vie à l'Alliance sans espoir de promotion, et pour des nèfles en plus, ils ont de la chance d'avoir un directeur aussi humain, eux. Il y a aussi d'autres locaux qui font des affaires avec les toubabs, des intermédiaires, des coxers, qui sont renforcés dans leur conviction profonde d'africain, que la france est malade et qu'il faut que ses employés les plus dépressifs viennent se soigner au Sénégal.
Étrangement, il y a un autre écran ce soir à l'Alliance à 20 mètres de là, plus petit, c'est une TV de moyen standing. On y passe du football, et 30 sénégalais supportent Manchester contre une autre équipe d'europe sur des chaises en plastiques. Au début je trouve cela sympathique, merde à ce film hypocrite et à ces toubabs moralistes et coincés qui sortent leur violon enduit d'antiseptique de l’hôpital. Ces enquêtes journalistiques boiteuses qui n'en finissent pas de boiter...mais quand j'entends le commentaire de crétin des journalistes sportifs de Canal Plus, que l'on capte visiblement en Afrique, je me dis qu'il n'y a plus d'espoir, que le reflet de la face de crétin des nuisibles est sans fin.
Alors, je me lève et vais m'abriter à l'intérieur du bar, un peu plus protégé. Je regarde les serveuses faire leur boulot. J'entends encore des bribes du film psy. C'est la partie finale, le débriefing des médecins du travail, dont on se rend compte qu'ils s'expriment entre eux, et avec le journaliste, dans la même langue professionnelle, qui sait si bien racoler dans l'intime, qu'avec les patients.
Et ce film devient peu à peu, ce soir, à Ziguinchor, une obscénité qui provoque la nausée. Nausée que je suis bien le seul à avoir parce qu'à regarder la tête des spectateurs, tout le monde s'en fou.
D'anciens employés français dépressifs sont reçus par un psychiatre de la médecine du travail. Les consultations sont filmées. Les employés racontent l'enfer du travail. Ce qui est dérangeant avec ce genre documentaire qui évoque remarquablement la misère, c'est qu'on ne sait pas si l'on est en train d'assister à un mémoire de recherche de psycho ou de socio, ou alors à une héroïque enquête journalistique racoleuse et sensationnaliste. La caméra fixe et le canon à son gobent de manière indifférencié toutes les humaines horreurs échangées de part et d'autre du bureau en PVC, filmé en coupe, dans le cabinet de consultation, ambiance sécurité sociale : carrelage de cantine scolaire, murs recouverts de peinture beige école communale. Un médecin en blouse blanche, laid, sans maquillage, parle un français métallique et neutre, mais de bon niveau, bien fluide et articulé, tout plein d'une fausse humanité, questionne son patient, que l'on devine expédié par le pôle emplois de son département. Le malade répond dans un français un peu plus bariolé, mais assez bon aussi, il a cela en plus qu'il se perd dans des descriptions, des justifications, dont tout le monde se fou. Quand on pense que certains psychiatres, dans le privé, reçoivent le client dans des salles de consultations luxueuses, lumière tamisée, boiserie précieuse, et tapis persan !
Les toubabs en affaires ou en vacances, qui noient leur soirée tropicale dans l'eau minérale ou la bière, au bar de l'Alliance, regardent le film d'un oeil vague. Les locaux, noirs, employés de l'Alliance regardent aussi. Ils terminent leur journée de travail à la bibliothèque ou au bar par une apothéose filmique française et voient de leurs yeux que les toubabs se font bien plus chier qu'eux au travail, et que finalement, même s'ils sont employés à vie à l'Alliance sans espoir de promotion, et pour des nèfles en plus, ils ont de la chance d'avoir un directeur aussi humain, eux. Il y a aussi d'autres locaux qui font des affaires avec les toubabs, des intermédiaires, des coxers, qui sont renforcés dans leur conviction profonde d'africain, que la france est malade et qu'il faut que ses employés les plus dépressifs viennent se soigner au Sénégal.
Étrangement, il y a un autre écran ce soir à l'Alliance à 20 mètres de là, plus petit, c'est une TV de moyen standing. On y passe du football, et 30 sénégalais supportent Manchester contre une autre équipe d'europe sur des chaises en plastiques. Au début je trouve cela sympathique, merde à ce film hypocrite et à ces toubabs moralistes et coincés qui sortent leur violon enduit d'antiseptique de l’hôpital. Ces enquêtes journalistiques boiteuses qui n'en finissent pas de boiter...mais quand j'entends le commentaire de crétin des journalistes sportifs de Canal Plus, que l'on capte visiblement en Afrique, je me dis qu'il n'y a plus d'espoir, que le reflet de la face de crétin des nuisibles est sans fin.
Alors, je me lève et vais m'abriter à l'intérieur du bar, un peu plus protégé. Je regarde les serveuses faire leur boulot. J'entends encore des bribes du film psy. C'est la partie finale, le débriefing des médecins du travail, dont on se rend compte qu'ils s'expriment entre eux, et avec le journaliste, dans la même langue professionnelle, qui sait si bien racoler dans l'intime, qu'avec les patients.
Et ce film devient peu à peu, ce soir, à Ziguinchor, une obscénité qui provoque la nausée. Nausée que je suis bien le seul à avoir parce qu'à regarder la tête des spectateurs, tout le monde s'en fou.
samedi 2 avril 2011
Toubab 1 : Un animal doué de raison ?
Bar de l'Alliance Française de Ziguinchor, "une ville sous-préfecture en folie"
C'est la règle, quand deux toubabs (toubab : blanc en Afrique francophone) se croisent, ils se regardent avec une indifférence timide et vaniteuse, chacun est une star qui marche dans la rue en espérant garder son anonymat. Si l'on croise une brochette de toubabs en allée, alors que l'on est seul, l'ignorance réciproque sera superbe. Si le français blanc est mal à l'aise dans son rapport au groupe, auquel il se soumet pourtant corps et âme, quand il ne peut pas faire autrement, il est encore plus mal à l'aise dans sa relation à lui même, et préserve son individualité, comme un territoire, contre toutes tentatives d'intrusion de la part d'autrui. L'Africain est, bien sûr, toujours suspecté d'être intrusif, mais le compatriote, l'autre toubab, client régulier du luxuriant bar tropical du centre ville d'une "sous préfecture en folie" comme Ziguinchor ou Bobo Dioulasso, n'est pas mieux considéré. D'autres européens, comme les Italiens et les espagnols, sont considérés comme des princes ou des radins, aléatoirement, par les autochtones qui, malgré tout, s'acharnent à satisfaire les besoins de ces touristes un peu ploucs. A l'opposée, au dire des locaux, les toubabs français seraient de plus en plus difficile à fréquenter, parce qu'ils sont antipathiques, mais aussi, parce qu'ils entrent facilement en concurrence avec les africains. En effet, le français montre souvent le besoin de vivre comme l'autochtone et de s’identifier à lui, mais, si le toubab va rechercher l'acoquinement avec l'habitant, ce dernier va rapidement pragmatiquement lui faire de l'ombre, l'un des deux sera vite de trop au soleil.
Cette reconnaissance de l'étranger en tant que mètre étalon, peut donner l'illusion d'un principe de"métissage" qui signerait la culture française du voyage. Ce rapport à l'autre est cependant totalement intransitif, il est plutôt à considérer comme une penchant psyco-sociologique pour la compréhension, sans réciprocité. Par comparaison, en Guniée Bissau, par exemple, il y a véritablement créolisation. C'est à dire que les portugais couchent sans contraceptifs avec les guinéens et fréquentent les mêmes bibliothèques. Ils partagent l'epos (la mémoire) l'ethos (la culture), le genos (la parenté), le logos (la langue), le topos (le lieu)....sans plus de difficultés. Ce n'est pas le cas du tout dans l'ancienne Afrique Française, ou le "fromage bien blanc" fraîchement sorti de l'avion, se transforme en beau "jambon rougeau" sous le soleil tropical, et fait contraste avec la mélanine des habitants. On se demande si c'est en réaction à cela, qu'ont été inventé des concepts comme la Négritude ou l'Ivoirité, ainsi que la pertinence de cet anoblissement de la couleur africaine, dans la mesure où il s'oppose à une palette française qui fait plutôt référence à la vitrine fromage / charcuterie du traiteur du quartier.
Quelle peut être la psychologie de ces toubabs, de Paris ou de Province, qui se promènent nonchalamment dans les ruelles africaines, à des décennies d'études après le bac, et tous les symptômes d’inhibition physique et de cérébralité intellectuelle qui vont avec : le front plissé, barré par les sourcils, le dos maigre, musculeux et voûté, plein de contractures, chez les hommes comme chez les femmes, ces dernière qui ont en plus les seins placés trop bas, et qui tombent, faute d'usage, comme souvent chez les intellectuelles. Leur tête est certainement mieux faite, car elle n'est pas très pleine en vérité. C'est, en effet, un savoir efficace qui les possède, comme la joie de déambuler 5 minutes dans les rayonnages de la bibliothèque du Centre Culturel Français, avant de s'embarquer en 4x4 revitaliser la culture régionale de la cambrousse à l'occasion d'un festival jazz un peu cucu. Ces espèces de Francs, filles et fils de Clovis, qui cachent leur atavisme germanique derrière un accent français à couper au couteau, toujours plus parisien, à mesure de la monstrueuse croissance de cette ville, pleinement macrocéphale, qui s'énonce en un sourire coincé, une ouverture biaisée vers l'autre, une agressivité latente : "chai pas enfin heuuu jveux dire, le truceuuu le machinheuuu, twoi csqujwedire ?..en parlant du steak frite à 3000 Francs sur la carte du restaurant ou, de la même manière, de l'exposition d'un artiste local totalement nul. Ce ramage extraordinaire compense le trop blond plumage nordique délavé par l'apprêté du climat des pays chauds, la clope dans le bec remplace le fromage de la fable.
Forgée au feu de la colonisation et du progressisme durant cette époque historique de crétinisme aiguë qu'était le Second Empire, la compréhension de la révolution industrielle par les français n'a pas été une réussite. Conséquence directe, le toubab, chez lui, en France, a l'habitude d'user plusieurs fois par jours, sans même s'en rendre compte, des infrastructures à grande capacité, pour lesquelles il paye cher, et qui forment un espèce de ciment national : sa centrale nucléaire au plutonium, son TGV, son autoroute, son hypermarché, sa capitale mondiale, Paris. Il en résulte une path dependancy, comme disent les anglais, ou encore une dépendance à l'infrastructure qui rendrait les gens butés et obsédés, comme si le moteur ou le goudron, ou l'hypercentralité d'une ville, bridaient l'imagination. Si le toubab des tropiques n'emporte pas ses infrastructures avec lui dans ses bagages, son comportement et sa psychologie restent déterminés. En pratique cette maladie s'exprime par l'illusion du "libre choix", exactement comme une liste de course qui donne l'impression au client d'avoir le choix entre les millions de produits de l'hypermarché de Monsieur Leclerc, alors qu'il ne fait que suivre docilement sa liste écrite à l'avance par rapport à l’énorme catalogue du magasin qu'il a fastidieusement appris par coeur. Il en va de même sur les routes d’Afrique où le français y poursuit, en rêve, ses inventaires de supermarchés et son besoin d'énergie inépuisable à satisfaire.
SA
samedi 19 février 2011
Mon copain est un musicien et j'en souffre, numéro 2
Dans cette parodie française d'une série TV américaine du début des années 1990, les deux personnages, une femmes blonde et un musicien d’atavisme latin, sont en train de parler d'amour.
Ca me fait penser à Malte, où il m'est arrivé presque la même chose avec une jeune femme Belge, de Liège, que j'ai rencontré à mon hôtel et qui s’appelait Hélène. Elle était assez jolie, et aimait Coco Mademoiselle de Chanel. Elle sentait bon, mais était bête, parce qu'elle ressemblait trait pour trait à la femme de cet extrait.
Elle se la pétait, en référence à l'amour qu'elle portait à un musicien. Elle se prenait pour la reine amoureuse des nuits liégeoises...la princesse du musique hall du plouc-ville Wallon .Un soir, au café, alors que nous avions bu, je lui demandai s'il elle était amoureuse, de la même manière que dans ce film l'homme le demande à la femme. Elle me répondit très sérieusement que...oui, d'un guitariste, un merveilleux guitariste très doué.
"Alors tu es ce genre de fille qui tombe amoureuse d'un musicien ! " dis-je, pour la provoquer.
"Non" me répondit elle, "tu dois savoir que je l'aime lui, en propre, pour ce qu'il est plus que pour sa guitare, mais lui ne m'aime pas. Plus loin de lui je suis, plus heureux il est, et plus amoureuse de lui je suis...mon Dieu qu'il est beau....c'est un des meilleurs guitaristes du bar où je travaillais avant...".
Elle aurait très bien pu rajouter comme dans cet extrait : "arrête de me faire souffrir inutilement, tu oublie que je suis sensible". Car je la voyais comme renversée par une vague, tout offerte, facile, le regard un peu comme une balise de détresse qui lance des SOS, ou comme le gyrophare d'une ambulance, happée, faible femme qui glissait vers un autre garçon de Namur...un danseur léger, qui aimait aussi la musique rock..Je la voyais comme une joueuse de Poker, attendrissante, qui abat, triomphante, ce qu'elle pense être la carte ultime pour tout rafler et, enfin, partir flamber la caisse sous les tropiques avec son amant maudit...mais, en fait, de se planter, comme d'habitude, et de se faire tondre une fois de plus.
Beaucoup de filles belges sont ainsi, petites barista saisonnières, toquées du pilier de bar, des cordes du petit gars toxico, odieux et abject en vérité, qu'elles imaginent être le plus grand joueur du monde, artiste, selon le petit répertoire musicologique qu'elles possèdent. Je sais que beaucoup de filles françaises souffrent de ce même mal aussi. Et ce soir, en regardant cet extrait, je comprends qu'on en riait déjà dans les années 1990, de ces cloches qui s'imaginent être des divas, d'un coté, et en même temps, de l'autre, qui crient au monde leur indignation de se trouver à marcher seules et boiteuses dans les rues des capitales à la tombée du jour, de bars en bière et tout ça pour souffrir trois mauvais accords commis par le connard du quartier. Il faut croire que le rire est conservateur.
SA
Ca me fait penser à Malte, où il m'est arrivé presque la même chose avec une jeune femme Belge, de Liège, que j'ai rencontré à mon hôtel et qui s’appelait Hélène. Elle était assez jolie, et aimait Coco Mademoiselle de Chanel. Elle sentait bon, mais était bête, parce qu'elle ressemblait trait pour trait à la femme de cet extrait.
Elle se la pétait, en référence à l'amour qu'elle portait à un musicien. Elle se prenait pour la reine amoureuse des nuits liégeoises...la princesse du musique hall du plouc-ville Wallon .Un soir, au café, alors que nous avions bu, je lui demandai s'il elle était amoureuse, de la même manière que dans ce film l'homme le demande à la femme. Elle me répondit très sérieusement que...oui, d'un guitariste, un merveilleux guitariste très doué.
"Alors tu es ce genre de fille qui tombe amoureuse d'un musicien ! " dis-je, pour la provoquer.
"Non" me répondit elle, "tu dois savoir que je l'aime lui, en propre, pour ce qu'il est plus que pour sa guitare, mais lui ne m'aime pas. Plus loin de lui je suis, plus heureux il est, et plus amoureuse de lui je suis...mon Dieu qu'il est beau....c'est un des meilleurs guitaristes du bar où je travaillais avant...".
Elle aurait très bien pu rajouter comme dans cet extrait : "arrête de me faire souffrir inutilement, tu oublie que je suis sensible". Car je la voyais comme renversée par une vague, tout offerte, facile, le regard un peu comme une balise de détresse qui lance des SOS, ou comme le gyrophare d'une ambulance, happée, faible femme qui glissait vers un autre garçon de Namur...un danseur léger, qui aimait aussi la musique rock..Je la voyais comme une joueuse de Poker, attendrissante, qui abat, triomphante, ce qu'elle pense être la carte ultime pour tout rafler et, enfin, partir flamber la caisse sous les tropiques avec son amant maudit...mais, en fait, de se planter, comme d'habitude, et de se faire tondre une fois de plus.
Beaucoup de filles belges sont ainsi, petites barista saisonnières, toquées du pilier de bar, des cordes du petit gars toxico, odieux et abject en vérité, qu'elles imaginent être le plus grand joueur du monde, artiste, selon le petit répertoire musicologique qu'elles possèdent. Je sais que beaucoup de filles françaises souffrent de ce même mal aussi. Et ce soir, en regardant cet extrait, je comprends qu'on en riait déjà dans les années 1990, de ces cloches qui s'imaginent être des divas, d'un coté, et en même temps, de l'autre, qui crient au monde leur indignation de se trouver à marcher seules et boiteuses dans les rues des capitales à la tombée du jour, de bars en bière et tout ça pour souffrir trois mauvais accords commis par le connard du quartier. Il faut croire que le rire est conservateur.
SA
samedi 12 février 2011
Le bordel au pays de Descartes...Je vous laisse juge
Cet extrait des Bons Vivants illustre la fermeture d'une maison close parisienne de haut standing, dont les clients sont vraisemblablement des visiteurs étrangers, comme ces deux suisses de l'extrait. On ne connait pas la flore parisienne de l'établissement.
Au contraire, la scène suivante (fenêtre vidéo ci-dessous), montre un tenancier de bordel de Toulon, joué par Frank Villard, dont les habitués étaient des notables de la région. Renié par ses anciens clients, il remonte la vallée du Rhône dans une relation Province/Paris, dont le "gap" centre/périphérie, compensé par l'automobile, semble être accentué par la fermeture des maisons closes : "partout des ruines". (La fin du film revient sur la nature de la Province française, en présentant De Funes en agent d'assurance qui transforme son domicile en bouic clandestin dans une ville de 7000 habitants, avec la complicité de ses amis, le juge, le docteur, le notaire, le journaliste du coin... )
Ainsi, même si Paris est une capitale franco-française, c'est aussi une ville qui connait un tourisme sexuel cosmopolite, lequel échappe à la sociologie provinciale, comme si la ville lumière, bien que n'étant pas un port, était une sorte de grand lupanar, foyer de tolérance raffiné de tous les vices possibles, dont l'attractivité consiste à accorder ses salons roses aux meurs des salons internationaux de la porte de Versailles, comme celui de l'Auto dans l'extrait.
En dépit des foires, le tourisme sexuel est vaincu par le tourisme culturel ou romantique de l'île de la Cité (le quai des Orfèvres, le palais de justice à la Conciergerie, les bateaux mouches) et plus encore par le tourisme de masse, sur les plages françaises, l'été, qui serait en réalité un rapatriement en métropole d'"Honolulu", pour compenser la fermeture des maisons de plaisir des villes, ou, autrement dit, du plaisir disparu de rester à la maison. Une telle substitution étant imputable à la multiplication des "romano de plein air", bohème...genre camping, auto-stop et sandwich. C'est alors un déclassement, une descente en gamme dans la ruralité des arts urbains de l'amour, qui s'accompagne d'un travestissement du littoral provincial en île tropicale. A l'opposé, le choix d'un tourisme "réellement" exotique et élitiste, à Abidjan ou à Hong Kong, est considéré comme seul capable d'égaliser la qualité des prestations parisiennes défuntes. On peut y voir une anticipation de l’émergence des villes globales dans les pays en développement, en terme de qualité de services avancés et de traitement des flux étrangers.
L’énonciateur, B. Blier, ne pense pas un instant qu'il puisse y avoir un autre but que la maison de plaisir dans les voyages d'agrément ou d'affaire. C'est un refus de prendre les phénomènes sociaux que sont la prostitution et le tourisme, comme des questions structurelles de société, mais, plutôt, l'idée que chacun est libre de faire ce qu'il veut selon sa fantaisie, indépendamment de tout engagement civique ou responsabilité morale...la loi frappant de manière aveugle et aléatoire. Le malheur, c'est simplement que le bon gout se perd.
SA
!
mardi 1 février 2011
Après la Tunise et l'Egypte, la France ?
"Mon frère, mon ami, mon fils, mon camarade Tu ne tireras pas sur qui souffre et se plaint"
Jean Ferrat
Un marin du Cuirassier Potemkine de Sergueï Eisenstein.
Marin du Tsar hier, soldat tunisien ou CRS français aujourd'hui, ces hommes robustes et aguerris, à la mâchoire carrée et au service de l'ordre, ont aussi une conscience sociale développée. Parfois il font même preuve d'une certaine compassion envers les opprimés.
Par un petit matin de froid, engoncé dans une rame du RER, je suis occupé à lire le monde sur le papier recyclé des journaux gratuits. Je n'ai pas jeté un seul regard sur les deux voisins qui m'enserrent sur la banquette en skaï, parce que je suis en train de réfléchir.
En effet, je pense. Aujourd'hui, il y a l'Égypte dont le régime pourrait basculer. En France, les CRS ont gagné leur combat, les casernes ne seront pas fermées tout de suite, à croire qu'ils ont suivi une formation en syndicalisme avancé....Des CRS gauchistes, est-ce possible ?
Hier, quelques milliers de personnes dans les rues de Tunis ont gagné une révolution que quelqu'un a baptisé gracieusement de "Jasmin". De ces révolutions démocratiques que l'on aime aimer : des « oeillets » au Portugal, « orange » en Ukraine, de « velours » pour les Tchèques et les Slovaques...et en France...notre pauvre ratage de l'été : des millions de manifestants dans les rues, des grèves terribles : le mépris absolu du gouvernement. Peut être que Michelle Alliot-Marie a raison, que le régime de Ben Ali se serait maintenu grâce à l'aide nos CRS. Du moins....à ce qu'étaient nos CRS jusqu'il y a seulement quelques jours, avant les actions de grèves de la faim lancées par ces derniers depuis certaines casernes. Il paraît même que, quelque part dans le pays, certains policiers refusent de verbaliser des automobilistes en infraction. Après la Tunisie...l'Égypte et puis...la France...?
J'y pense. Guaino disait : " La Tunisie, c'est presque un problème de politique intérieure pour la France, tellement les liens sont étroits". Oui, il a raison. Les tunisiens sont nos frères. Mais eux ont résisté au bourrage de crane de la propagande conservatrice et ont enfumé les redoutables services du renseignement intérieur et de la sureté de l'État, la ( toute nouvelle) DCRI chez nous, la DSE chez eux.
J'y pense. Juppé disait " la Tunisie était un pays stable politiquement, qui se développait économiquement, où le statut de la femme s’améliorait, où des classes moyennes émergeaient, où un effort important a été fait du point de vue de l’éducation". En conséquence, les tunisiens ont balayé pacifiquement le pouvoir en place.
J'y pense encore. Demorand, "plutôt à gauche" , demandait sur Europe 1, station "plutôt à droite", à Melanchon, "carrément à gauche", dans l'hypothèse où le pays est vraiment en train de se déliter à cause du libéralisme, pourquoi la vraie gauche sociale ne fait pas spontanément l'adhésion générale. Melanchon ne comprend même pas la question...la réponse est si évidente... à force de taper sur les gens, ils ne se revoltent plus. J'y pense de plus en plus. Mais pourtant, il n'y a pas si longtemps, Georges Marchais marchait dans Paris à la tête des ouvriers français le 13 mai 68, et le Général s'enfuyait en hélicoptère rejoindre l'armée de l'est, à Baden Baden. Pourquoi Paris ne se fleurit-il pas à nouveau des cerisiers du printemps des peuples ?
Ces CRS qui font la grève de la faim, sont-ils en train de retourner les matraques contre leurs employeurs, tout comme les marins du cuirassier Potemkine le firent-ils avec leurs carabines ? Ce qui signifierait que le régime actuel est en train de s'écrouler et que la 6 ème République est pour demain. Ou, au contraire, le désespoir des policiers, proviendrait-il d'une crise existentielle causée par la découverte soudaine de leur inutilité ? Pour reprendre une certaine chanson, aujourd'hui, finalement, on ne frapperait plus vraiment...et ça deviendrait fade de faire de l'ordre à toute force, presque un travail de nana commandé à ceux qui savent lire...Que devrait dire Maxime Leforestier qui conseillait, en 1970, un travail dans la police aux parachutistes ? Anachronisme.
L'odeur de shampoing et d'eau de toilette des hommes et des femmes usagers du Stif qui se rendent au travail à Paris, toilettés de frais, dans la vielle rame Alstom des années 80, me monte à la tête. Hier, j'ai lu que l'Île de France avait la productivité du travail la plus forte en Europe. Les gens d'ici savent se tenir comme il faut et faire du fric. Peut être que, comme les 300 000 français qui bossent quotidiennement dans les affaires à Londres, ceux auxquels Fillon à rendu hommage recemment, sommes-nous en train de nous la jouer "keep smiling" :-)
Peut être que les nouveaux métros qu'Alstom et Siemens se disputent au Caire et à Tunis ont-ils contribué à organiser la foule en ligne de bataille contre le despotisme ? Mais ces mêmes infrastructures risquent aussi d'engendrer, demain, la fin de la révolution permanente, de la conscience de classe, au profit de la civilisation globale.
Et si le problème c'est qu'il n'existe justement plus de classes moyennes en France ? Que le statut du travailleur s'est dégradé notablement depuis les années glorieuses de l'après guerre ? Que la jeune femme française d'aujourd'hui est moins émancipée que sa propre maman ou que sa consœur tunisienne ?
J'y pense avec acuité. La Belgique est sans gouvernement depuis des mois, et n'en aura probablement plus jamais. Benoit Poelvoorde se laisse pousser la barbe pour marquer le coup, et ressemble ainsi un peu à ces esthètes athéniens, philosophes barbus de l'Antiquité, méprisés par des Romains qui ne juraient que par la discipline militaire du poil ras. Et que se passe t'il donc dans les rues de Bruxelles, autrefois foyer de tension politique majeur ? Rien, absolument plus rien à signaler. On peut donc vivre en paix sans État, sans se mettre dans tous ses états.
SA d'après une idée de GA
dimanche 30 janvier 2011
Lieu et poésie 1
Extrait de "Zone" d'Apollinaire , 1913


SA
Maintenant tu es au bord de la Méditerranée
Sous les citronniers qui sont en fleur toute l'année
Au mois de mars, l'année dernière, j'étais moi même à Sorrente, avec Alexandra, l'archéologue. Nous nous sommes promenés après l'averse de pluie claire et fraîche dans les petits jardins qui se perdent dans la montagne
Tu es dans le jardin d'une auberge aux environs de Prague
Tu te sens tout heureux une rose est sur la table
Te voici à Marseille au milieu des pastèques
Te voici à Coblence à l'hôtel du Géant
Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon
Te voici à Amsterdam avec une jeune fille que tu trouves belle et qui est laide
Elle doit se marier avec un étudiant de Leyde
On y loue des chambres en latin Cubicula locanda
Je m'en souviens j'y ai passé trois jours et autant à Gouda
Oui, oui, moi aussi j'ai traîné dans le nord, en Belgique en Hollande, dans les rues ténébreuses de Gand, dans les bars de Bruxelles, des filles à musiciens, qui m'ont donné la fièvre, où j'ai raté ma vie
A partir de là, ça part un peu n'importe comment. En effet : Paris, sa foule, ses femmes fatales, ses églises ringardes, ses bus RATP... blablablabla.....quel baratin ! Paris è una merda, comme disait mon amie Lucia :
Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule
Des troupeaux d'autobus mugissants près de toi roulent
L'angoisse de l'amour te serre le gosier
Comme si tu ne devais jamais plus être aimé
Si tu vivais dans l'ancien temps tu entrerais dans un monastère (...)
Aujourd'hui tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantées
C'était et je voudrais ne pas m'en souvenir c'était au déclin de la beauté
Entourée de flammes ferventes Notre-Dame m'a regardé à Chartres
Le sang de votre Sacré-Coeur m'a inondé à Montmartre (...)
Et l'image qui te possède te fait survivre dans l'insomnie et dans l'angoisse
C'est toujours près de toi cette image qui passe
BOAF !
Bon, la fin est plus mignonne :
Tu es seul le matin va venir
Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues
La nuit s'éloigne ainsi qu'une belle Métive
C'est Ferdine la fausse ou Léa l'attentive
"J'entends raisonner sur les dalles les bidons tristes du laitier", comme dit Jean Ferrat dans cette chanson que j'écoutais à Naples parce qu'on venait de me charger sur ma clef USB l'intégrale de Jean Ferrat, les Années Barclay, Volume 1, 2, 3, 4 et 5.
Ferdine, Léa, les laitières, Perette et son pot au lait, pfffffffffffff et quoi encore ?
SA
lundi 24 janvier 2011
"Oui, mon copain est un connard de musicien..et j'en suis amoureuse...."(Lady gaga)
Lady Gaga...une jeune femme chanteuse qui fait vibrer les cordes des guitares...mais aussi, une catcheuse qui renvoie les garçons dans les cordes.
Mauvaise Romance, Bad Romance, Brutta Romanza...
alors c qui celle-là, c quoi cette histoire de bad romance
"je veux ta mauvaise revenge" qu'elle dit dans le texte en français.
Si, si
Elle est d'origine italienne
Sicilienne, selon moi, je lis dans les lignes du bassin
il est 9h30, est-il légitime vu que je commence à 9h officieillement et que je viens d'rriver que je prenne sur mon temps de travail pour parler de Lady Gaga ?
Booarff
on va dire que si vu que j'écoute cette chanson en boucle depuis hier sur youtube, afin de booster ma productivité
alors c quoi ?
bon pas grand chose
l'expression d'une perversité ordinaire
voyez-vous même
je t'aime je te hais, ùais si tu n'étai pas un salopard et que je n'étais pas une sale garce je suppose qu'on s'aimerait moins
nihil novi sub sole
sauf que...
parce qu'il y a bien un sauf...
j'ai l'impression qu'il y a là, chez c fils de chiens de Ricains, comme un soupçon de second degré
ce qui n'est as du tout le cas par exemple de la pétasse faisant la dernière page du libé d'hier que je scannerai ce soir, j'ai un documentaire sur la montée des eaux à sosu-titre, moi
Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Emportée dans une mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Emportée dans une mauvaise romance
Ra-ra-ah-ah-ah-ah !
Roma-roma-mamaa !
Ga-ga-ooh-la-la !
Veut ta mauvaise romance
Ra-ra-ah-ah-ah-ah !
Roma-roma-mamaa !
Ga-ga-ooh-la-la !
Veut ta mauvaise romance
Je veux ta laideur
Je veux ta maladie
Je te veux tout entier
Du moment que c'est gratuit
Je veux ton amour
(Amour, Amour, amour, je veux ton amour)
Je veux ta tragédie
Le toucher de ta main
Je veux ton sale baiser de cuir dans le sable
Je veux ton amour
Amour amour amour
Je veux ton amour
(Amour amour amour Je veux ton amour)
Tu sais que j'ai envie de toi
Et tu sais que j'ai besoin de toi
Je meurs d'envie, de ta mauvaise romance
Je veux ton amour et
Je veux ta vengeance
Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance
(Oh-oh-oh--oh-oooh!)
Je veux ton amour et
Tout ton amour est vengeance
Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Emportée dans une mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Emportée dans une mauvaise romance
Ra-ra-ah-ah-ah-ah !
Roma-roma-mamaa !
Ga-ga-ooh-la-la !
Veux ta mauvaise romance
Je veux ton horreur
Je veux ta créativité
Parce que tu es un criminel
Tant que tu es à moi
Je veux ton amour
(Amour amour amour Je veux ton amour-uuhh)
Je veux ton esprit
Ton bâton vertigineux
Te veux dans ma chambre quand ta chérie est malade
Je veux ton amour
amour amour amour
Je veux ton amour
(Amour amour amour Je veux ton amour)
Tu sais que j'ai envie de toi
(Parce que j'suis une petite garce!)
Et tu sais que j'ai besoin de toi
Je veux une mauvaise, une mauvaise romance
Je veux ton amour et
Je veux ta vengeance
Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance
(Oh-oh-oh-oh-oooh!)
Je veux ton amour et
Tout ton amour est vengeance
Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Emportée dans une mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Emportée dans une mauvaise romance
Ra-ra-ah-ah-ah-ah !
Roma-roma-mamaa !
Ga-ga-ooh-la-la !
Veux ta mauvaise romance
Ra-ra-ah-ah-ah-ah !
Roma-roma-mamaa !
Ga-ga-ooh-la-la !
Veux ta mauvaise romance
Marche, marche beau bébé
Travailles-y
Fais bouger cette garce avec folie
Marche, marche beau bébé
Travailles-y
Fais bouger cette garce avec folie
Marche, marche beau bébé
Travailles-y
Fais bouger cette garce avec folie
Marche, marche beau bébé
Travailles-y
Fais bouger cette garce avec folie
Marche, marche beau bébé
Travailles-y
J'suis une petite garce, bébé
Je veux ton amour et
Je veux ta vengeance
Je veux ton amour et
Je ne veux pas être ton amie
[FR]J'veux ton amour
Et je veux ta revanche
J'veux ton amour[FR]
Je ne veux pas être ton amie
Oh-oh-oh-oh-oooh!
Je ne veux pas être ton amie
(Emportée dans uen mauvaise romance)
Je ne veux pas être ton amie
Oh-oh-oh-oh-oooh!
Veux ta mauvaise romance
(Emportée dans une mauvaise romance)
Veux ta mauvaise romance
Je veux ton amour et
Je veux ta vengeance
Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh!
Je veux ton amour et
Tout ton amour est vengeance
Toi et moi pourrions écrire une mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Veux ta mauvaise romance
(Emportée dans une mauvaise romance)
Veux ta mauvaise romance
Oh-oh-oh-oh-oooh-oh-oh-oooh-oh-oh-oh-oh!
Veux ta mauvaise romance
(Emportée dans une mauvaise romance)
Ra-ra-ah-ah-ah-ah !
Roma-roma-mamaa !
Ga-ga-ooh-la-la !
Veux ta mauvaise romance
Traduction réalisée par Thom
http://www.paroles-musique.com/traduction-Lady_Gaga-Bad_Romance-lyrics,t51134
mardi 18 janvier 2011
Poèmes dédiés à Fassbinder, Pasolini et Godard...
La mule broute le séparateur de voie végétalisé dans la grand rue de Shkodër (Albanie)
Je ne resterai pas à Paris.
Parce que ce n'est pas drôle.
C'est vraiment triste et pauvre.
GA
Il neige
Il neige
Nous grelottons
Nous grelottons
La neige
La neige
Tombe à flocons
Tombe à flocons
Anonyme.
La lune est belle, les belges sont laids
SA
dimanche 9 janvier 2011
Tendre amour ou pure débauche numéro 2
En plein centre ville de Malte, la statue des deux amants maltais, rappelle chaque jours, de la manière la plus pédagogique possible, aux habitants de l'île, les véritables valeurs de la vie entre réussite sociale et épanouissement personnel. Ici, l'amour c'est c'est une philosophie.
Saint-Augustin, Confessions
"Je vins à Carthage, et partout autour de moi bouillait à gros bouillons la chaudière des amours honteuses. Je n'aimais pas encore, et j'aimais à aimer; dévoré du désir secret de l'amour, je m'en voulais de ne l'être pas plus encore. Comme j'aimais à aimer, je cherchais un objet à mon amour, j'avais horreur de la paix d'une voie sans embûches. Mon âme avait faim, privée qu'elle était de la nourriture de l'âme, de vous-même, mon Dieu, mais je ne sentais pas cette faim. J'étais sans appétit pour les aliments incorruptibles, non par satiété, mais plus j'en étais privé, plus j'en avais le dégoût. Et c'est pourquoi mon âme était malade et, rongée d'ulcères, se jetait hors d'elle-même, avec une misérable et ardente envie de se frotter aux créatures sensibles. Mais si ces créatures n'avaient pas une âme, à coup sûr, on ne les aimerait pis. Aimer et être aimé m'était bien plus doux, quand je jouissais du corps de l'objet aimé. Je souillais donc la source de l'amitié des ordures de la concupiscence; j'en ternissais la pureté des vapeurs infernales de la débauche. Repoussant et infâme, je brûlais dans mon extrême vanité de faire l'élégant et le mondain. Je me ruai à l'amour où je souhaitais être pris. Mon Dieu, qui m'avez fait miséricorde, de quel fiel, dans votre bonté, vous en avez arrosé pour moi la douceur ! Je fus aimé, j'en vins secrètement aux liens de la possession. "
Olalalalala.......Hier, j'ai dit à des françaises inconnues, de manière parfaitement amicale, en souriant, que je les trouvais intrusives, vulgaires et agressives...au lieu de laisser les choses aller, et se plier à la loi des corps, du vin, de la dance et de la musique. Mais c'est parce que je me posais des questions sur l'amour. Il est difficile de condamner à notre époque la sexualité libre, comme ce texte le laisse apparaître, dans sa lecture qui nous est contemporaine. Nicolas Bouvier, Henri Miller, Sartre, jean Luc Godard, les gauchistes en général, les routards, les musiciens non classiques, les anglais, les siciliens, les parisiens, les psychologues, ont tous inlassablement milité, contre ce texte, pour un anoblissement de la relation naturelle, autrefois vouée aux gens de mauvaise vie et aux artistes. Ça me fait beaucoup rire d'imaginer les partenaires d'un amour de vacance se dire qu'ils sont en train de "souiller la source de l'amitié des ordures de la concupiscence et de ternir la pureté des vapeurs infernales de la débauche". Faut pas pousser !
Mais alors quid des liens de la possession ? Peut on vraiment avoir du plaisir sans posséder l'autre dans son être entier, et se faire posséder par lui en retour ? Autrement dit, peut on dire oui sans s'abandonner ?
Certes il y a toujours abandon, de toute manière, même dans une relation de quelques brefs moments. Mais cette possession est elle pragmatique, c'est à dire sans critères de sens et de jugement, ou, au contraire est-elle poétique, c'est à dire, plus ou moins élaborée ? Elle est les deux bien sûr, mais dans ce cas, comment peut on accepter de laisser le plus souvent la poésie à un niveau 0 ? Parce que les gens ne sont pas des poètes en général ? Ou parce qu'il existe une poésie de la non poésie ?
Malgré la crise économique mondiale, les maltais abordent l'avenir cul nu et de manière particulierement à l'aise. Tant il est juste de dire que l'amour est la chose la plus forte au monde.
SA
jeudi 30 décembre 2010
Si par une nuit d'hiver un voyageur.....
Je viens de finir de manger, seul, pour la première fois depuis longtemps dans cet espèce d’hôtel (photo ci dessous). Des pâtes, avec une sauce tomate, oignons, un peu d'ail, une carottes coupée en rondelle, un pincée de piment rouge et de poivre, des olives. Et une bouteille de vin. Quelque nouvelle du monde pour digérer parce que c'était lourd.
Un peu défoncé je regarde en face de moi la chaise vide. Qui est là à me tenir compagnie ?
Un voyageur qui refuse de prendre l'avion parce que ça brûle du pétrole ?
Qui ne va jamais à l’hôtel parce que c'est cher et pas authentique ?
Un cuisinier new age qui ne mange que des légumineuses et du poisson parce que c'est la communion avec la terre et la mer ? Une femme anti-moraliste qui ne veut qu'une seule chose au monde c'est aller danser ?
Non rien de tout ça, ou alors tout ensemble. C'est mon inconscience, mon double invisible qu'on peut voir sur la photo. Il faut dire que j'en vois défiler des voix et des visages depuis un mois que je suis ici à pourrir à Malte en essayant de terminer mon article. Et chacun d'eux a plus ou moins laissé son emprunte, à la fois sur la table et en même temps dans ma tête.
Si la nuit de noël, vous êtes dans la cuisine d'un hôtel minable à Malte et qu'un voyageur vient frapper à la porte, vous lui ouvrez avec une certaine appréhension. Ce que je fis. Le 24 décembre 2010. C'était un japonais. Bref, nous avons été manger une pizza napolitaine dans un restaurant calabrais, il y avait un autre italien de l’hôtel aussi. C'était très mauvais. Les japonais ne savent pas faire la conversation.
Nous rentrons vers 3 heures à l'auberge. Je n'en ai pas assez. Je trouve Joe, un écossais de Glasgow, attablé, passablement défoncé. Je m'assieds face à lui et je le regarde. Il me demande de lui chanter une chanson de mon pays parce qu'il a envie d'aller se coucher mais qu'il a peur de faire des cauchemars. "Je ne sais pas chanter". Dis-je, en écossais. "Mais si, tout le monde connait au moins une chanson, rien que la berceuse que maman ou la nourrice fredonnait pour apaiser le petit enfant que nous étions un jour ! " Répond-il.
Comment lui expliquer que je n'ai jamais été enfant ? Alors je sors mon ordinateur et ouvre l'extrait de Pierrot le Fou avec Karina et Belmondo que j'avais par hasard téléchargé quelques jours plus tôt. Je présente ça comme une chanson typiquement française.
Pendant qu'il regarde le film, je me demande si cet homme dégage beaucoup de sexappeal. C'est une épave, une éponge, un débris. Il doit plaire aux filles ! Puis il se roule une cigarette terrible et il mélange au tabac d'étranges substances. Rien que de respirer sa fumée....j'ai eu des hallucinations toute la nuit. J'ai vu le père noël entrer dans ma chambre avec de mauvaises intentions. Je me souviens que je me redresse d'un bond et que je hurle sur mon lit. Mon coeur bat la chamade, je tremble, je sue. Je vais mourir. La berceuse de l'écossais (ci-dessous) aura été la dernière douceur, la dernier voix emprunte de tendresse que j'aurais entendu de ma vie. Devant cette ironie, je ne peux m'empêcher de sourire.
Quelle soirée de merde, s'il faut qu'il y ait un gars pour se taper tous les trucs à la dérive du monde, au lieu de penser à s'amuser, à faire rougir les joues des filles, pétiller leur yeux, battre leur coeur de danse et de mots doux...les faire boire un peu, les encourager à se désarmer, à se lâcher...les accompagner vers l’insouciance, je suis celui là. Je suis maudit parce que je les accompagne vers la souciance. Parce que on sait tous bien que science sans souciance n'est que ruine de l'âme. Et si voyager, faire la cuisine, faire l'amour, rouler un joint ce sont des choses de l'ordre de ces petites sciences des travaux et des jours, alors ? ou alors ! ça donne envie de passe à la grande non ? comme les bouddhistes ont la petite et la grande voie et les cyclistes le petit et le grand braquet. Le petit donne envie de passer au grand ? oder....ou bien....faut il que je l'écrive en allemand ?
SA
dimanche 26 décembre 2010
Classé X
Serge Gainsboug : Russe
Anna Karina : Danoise
Jean-Luc Godard : Suisse
Fassbinder : Allemand
Quand j'écoute çà, mon souffle se fait plus ample, mon rythme cardiaque aussi. Sont-ce ces yeux blancs, blanc d'un blanc laiteux de voie lactée, ce sourire qui sait ce qu'il ne sait pas, le contraste avec ce nez de boxer Ouzbek et cette bouche à clope ?
Est-ce encore cette algérienne,
Zahia...
un nom commun paraît-il
rencontrée à Paris alors que j'aspergeais la populace de prospectus et qu'elle distribuait des journaux gratuits, aux Halles. Son travail accompli - les journaux se distribuent plus vite que la pub- elle ramassa les prospectus à terre avant de me saluer. Je me levai à 4h pour l'admirer distribuer derechef ses journaux dès le premier train lui offrir un chocolat et l'entreprendre de la manière suivante : " Tu sais que tu ressembles à Anna Karina, toi ? "
Zahia dont je n'ai conservé que la petite culotte, vert ou verte amande, aux bords ourlés de dentelles, subtilisée encore .... ?
C'est cela, mais pas vraiment ...
Est-ce de les écouter faire semblant, l'un et l'autre pensant à toute autre chose qu'à ce rien dont ils prétendent goûter le nectar jusqu'à la lie ? A quoi pensent-ils ?
Au cinéma...
La jeune chatte aux yeux de turquoise a-t-elle déjà en tête les bras chaud du réalisateur entre lesquels ces derniers - les yeux- ils se régénèreront, pour apparaître - avec ce style propre à Anna Karina consistant à minauder sans minauder c'est-à-dire avec l'ensemble du visage, mais sans cligner des paupières - resplendissant, sans rimmel, resplendir face caméra, tout en technicolor !
Et lui ?
lui ...
Ah lui ...
C'est autre chose encore, et ça ne l'est pourtant pas ...
lui observe, parce qu'il n'a rien à voir là-dedans, si ce n'est comme auteur du drame, sa virilité ne pouvant être mise en doute : il observe...
Il observe les ébats contrariés des deux plus grands cinéastes du XXème siècle rive gauche et droite du Rhin, dans cette cité faite du métissage autant que du monnayage de gloires individuelles.
Serge Gainsboug : Russe
Anna Karina : Danoise
Jean-Luc Godard : Suisse
Fassbinder : Allemand
Et oui, Serge, que la chanson ennuyait déjà, envisage ici sa reconversion en tournant un strip porno sur fond de cinéastes, - j'ai nommé Jean-Luc Godard, pape de la Nouvelle Vague Française, de son disciple allemand Reiner Weiner Fassbinder -apôtre du phénomène analogue teuton- en train de s'interpénétrer culturellement à qui-mieux-mieux, avec la ligne Maginot pour décor.
Vous ne vous êtes alors, je le déduis, jamais vu alors administrer une séance du Mépris suivi de Prenez garde à la sainte Putain, en allemand :Warnung vor einer heiligen Nutte ?
La vision vision habituelle sadomasochiste des rapports humains selon Fassbinder, croise ainsi, le regard aseptisé de l'Helvète propre des doigts de pieds jusqu'au compte en banque, rejoignant une tradition prenant source dans les promenades du plus suisse des dormeurs du Panthéon, le bien-nommé Jean-Jacques, en passant par Nicolas Bouvier dont les 1616 pages de sa correspondance avec Thierry Vernet viennent de sortir.
Oui, Godard est Suisse, si l'on ne sait pas çà, on ne comprend rien à Paris : parce que Paris c'est Godard : son regard sur le Luxembourg, ses escapades, avortées, en banlieue. Rousseau aussi est suisse et a son mot à dire sur Paris, Bouvier d'après ce j'en connais, échappe pour sa part au parisianisme.
En ce qui concerne Fassbinder, je ne sais pas s'il se masturbait fréquemment les méninges à Paris, mais c'est tout comme et venons en maintenant à son film, sachant que Le Mépris de Godard a été tourné à Capri, dans la Villa Malaparte, que tout le monde a vu le film, qu'il est tard, que j'ai une platine vinyle à réparer, que ce post se fait long, et qu'il ne faudrait pas pousser mémé dans les orties, ça suffira pour Le Mépris. En ce qui concerne Fassbinder c'est moins connu, alors j'explique :
Prenez garde à la sainte putain, s'intéresse, tout comme le film de Godard, au tournage d'un film. La scène se passe en Espagne mais les hélicoptères viennent d'Ischia : île voisine de Capri où se déroule le tournage du Mépris. Si Eddie Constantine frappe une actrice, c'est parce que dans le film de Godard, Michel Piccoli aurait caressé la joue de Brigitte Bardot, si les personnages sont si invertis chez Fassbinder, c'est qu'ils sont si indécrotablement droit dans leurs bottes dans le Mépris.
Bizarre, tout de même que les gens ne voient pas çà au premier coup d'oeil en général - je parle des critiques, pas lu une seule critique sur le sujet- alors qu'il n'y a que çà à voir dans ce film : ce gros hélicoptère venant en provenance de la baie de Naples, tentant, sans succès, de déposer, telle la fée clochette, déposer sa poudre de perlimpinpin, apprendre à la troupe de Fassbinder à voler de leurs propres ailes comme BB se crachant dans l'Alfa Roméo, en compagnie de son producteur.
G-A
Post précédents sur Fassbinder :
http://spqrxx.blogspot.com/2010/10/cinema-allemand-et-amour-2.html
http://spqrxx.blogspot.com/2010/10/cinema-allemand-et-relation-amoureuse.html
http://spqrxx.blogspot.com/2010/09/je-viens-dapprendre-la-mort-de.html
Tendre amour ou pure débauche ?
Couple d'anglais dans un bus à Malte
Il est souvent difficile de conseiller les amis, et de s'orienter soi même, sur le choix d'une relation sentimentale tendre et la plus chaste possible, où nous gardons nos passions en dedans, ou, au contraire, la recherche d'une communion physique plus immédiate et totale. C'est l'éternelle question de l'âme et des sens, et la nature à ce propos, trouve toujours à nous faire des tours et à mélanger les cartes. La débauche n'est pas forcement là où on le pense, et la proximité physique entre deux êtres ne conduit pas toujours à l'embrassement passionnel.
En novembre 2006, j'avais rendez vous avec Elodie pour partir à Naples faire de la recherche avec elle, par l'Easy Jet de l'après midi du 1er février. Nous devions forger une belle relation au feu des champs Phlégréens, là où Vulcain lui même habitait, ainsi que le voulaient nos deux Professeures un peu entremetteuses. Je compose le numéro de téléphone d'Elodie sur le pont des Arts, qui est sur mon chemin, un jeudi après midi. Elle répond au troisième coup, elle a une belle voix. Comme je veux la séduire, déjà, je lui donne rendez vous à l'Institut de Géographie, rue Saint Jacques, dans la grande salle. A l'heure précise, je dois me faire reconnaître avec un volume de la Géographie Universelle GIP Reclus (édition de 1990) sous le bras, le tome Mondes Nouveaux. Ce que je fais.
Ensuite, nous nous brouillâmes, Elodie et moi, quelques semaines après notre atterrissage à Naples, sans que je puisse ni coucher avec elle, ni même échanger la moindre connivence un peu tendre. Les années passèrent. Je mûris. J’appris à déshabiller avidement des éditions plus anciennes, pour le simple plaisir de m'y vautrer, comme on peut le voir sur ce cliché où je suis en pleine action avec l'Afrique Equatoriale et Orientale, édition 1937, De Martonne.
En même temps, je commençais à lire la femme à livre ouvert, passant de la bibliothèque à la blancheur du lit, aveuglément, ainsi que le feu de ma jeunesse me le dictait. Je me penche sur un livre, et voilà la femme qui vient me chercher, défiante et provoquante. Alors que j'accompagne mon amie où son plaisir la guide, mon désir prend la forme d'un bon livre. De l'effeuillage délicat à la satisfaction sauvage, je me pose encore des questions.
Deux livres pris sur une table durant une après midi de loisir
Mais, Dieu merci, toujours, je ressens un immense soulagement à comprendre ces gestes tendres qui ne sont pas des préliminaires trop explicites, mais signifient le repos, la confiance partagée par deux êtres. De ces hommes et ces femmes d'une autre espèce, que l'on rencontre parfois au hasard d'une promenade dans quelques jardins (photo ci-dessous), ou autobus (photo d'ouverture), et qui sont plus apaisant qu'une fontaine et me font croire qu'il y a peut être une entente possible entre l'homme et la femme.
Couple de pigeon à Catane (Sicile)
SA
mardi 21 décembre 2010
l'Atrabilaire amoureux 2/2
Ce qui est formidable avec Alceste, qui fut mon maître en amour, c'est l'acharnement qu'il met, tout au long de la pièce, à vouloir des entretiens solennels et définitifs avec Célimène, des instants véritables et sincères durant lesquels il s'ouvre, se livre, se déclare, sans légèreté aucune. De ces conversations graves et lourdes que les filles détestent subir, qu'elles considèrent comme étant des tentatives grossières pour les influencer, ce qu'elles refusent naturellement.
Acte V, dernière scène. Alceste est avec Philinte, son pote, Célimène se fait attendre comme d'habitude, elle n'a jamais de temps pour personne :
- Alceste
Laissez−moi, sans dispute, attendre Célimène :
Il faut qu'elle consente au dessein qui m'amène ;
Je vais voir si son cur a de l'amour pour moi,
Et c'est ce moment−ci qui doit m'en faire foi.
- Philinte
Montons chez Eliante, attendant sa venue.
On devine Alceste être dans l'état d'esprit idéal pour emballer Célimène qui lui résiste, comme il a envie de le faire....
- Alceste
Non : de trop de souci je me sens l'âme émue.
Allez−vous−en la voir, et me laissez enfin
Dans ce petit coin sombre, avec mon noir chagrin.
Célimène arrive enfin, et, comme on le devine, elle est totalement désolée. Mais vraiment désoléeee. Et c'est en cela qu'Alceste est vraiment très fort, parce qu'au lieu de lui proposer d'aller en boite ou de se faire un ciné, ou d'aller boire des verres dans un bar, il lui propose direct de faire ses bagages, de déménager pour le suivre on ne sait pas trop bien où, mais dans un lieu pas très glamour, où, comme seule distraction, il ne ferait que l'entretenir de ses humeurs, de ses blessures innombrables, et de ses états d'âmes :
- Alceste
Je veux bien, perfide, oublier vos forfaits ;
J'en saurai, dans mon âme, excuser tous les traits,
Et me les couvrirai du nom d'une faiblesse
Où le vice du temps porte votre jeunesse,
Pourvu que votre coeur veuille donner les mains
Au dessein que j'ai fait de fuir tous les humains,
Et que dans mon désert, où j'ai fait voeu de vivre,
Vous soyez, sans tarder, résolue à me suivre :
C'est par là seulement que, dans tous les esprits,
Vous pouvez réparer le mal de vos écrits,
Et qu'après cet éclat, qu'un noble coeur abhorre,
Il peut m'être permis de vous aimer encore.
-Célimène
Moi, renoncer au monde avant que de vieillir,
Et dans votre désert aller m'ensevelir !
- Alceste
Et s'il faut qu'à mes feux votre flamme réponde,
Que vous doit importer tout le reste du monde ?
Vos desirs avec moi ne sont−ils pas contents ?
Célimène lui fait le cou de la fille incapable et banale alors qu'elle se prend super au sérieux
- Célimène
La solitude effraye une âme de vingt ans :
Je ne sens point la mienne assez grande, assez forte,
Pour me résoudre à prendre un dessein de la sorte...
Si le don de ma main peut contenter vos voeux,
Je pourrai me résoudre à serrer de tels noeuds :
Et l'hymen...
Alceste, au lieu de changer de tactique et de lui proposer un deuxième Mojito, se vexe, piqué au vif, et il se met à dire des choses horribles :
- Alceste
Non : mon cur à présent vous déteste,
Et ce refus lui seul fait plus que tout le reste.
Puisque vous n'êtes point, en des liens si doux,
Pour trouver tout en moi, comme moi tout en vous,
Allez, je vous refuse, et ce sensible outrage
De vos indignes fers pour jamais me dégage.
Célimène se retire définitivement, totalement furieuse, et Alceste, après s'être tiré une balle dans le pied avec elle, se tire une autre balle dans l'autre pied avec la petite Eliante, qu'il sait être amoureuse de lui et qui serait facile à avoir. Il lui sort directement :
- Alceste, à Eliante :
Madame, cent vertus ornent votre beauté,
Et je n'ai vu qu'en vous de la sincérité ;
De vous, depuis longtemps, je fais un cas extrême ;
Mais laissez−moi toujours vous estimer de même ;
Et souffrez que mon coeur, dans ses troubles divers,
Ne se présente point à l'honneur de vos fers :
Je m'en sens trop indigne, et commence à connaître
Que le ciel pour ce noeud ne m'avoir point fait naître ;
Que ce seroit out vous un hommage trop bas
Que le rebut d'un coeur qui ne vous valoit pas ;
Et qu'enfin...
Et voilà, c'est terminé. Un ratage total ! Quelle soirée ! Quel homme !
SA
Acte V, dernière scène. Alceste est avec Philinte, son pote, Célimène se fait attendre comme d'habitude, elle n'a jamais de temps pour personne :
- Alceste
Laissez−moi, sans dispute, attendre Célimène :
Il faut qu'elle consente au dessein qui m'amène ;
Je vais voir si son cur a de l'amour pour moi,
Et c'est ce moment−ci qui doit m'en faire foi.
- Philinte
Montons chez Eliante, attendant sa venue.
On devine Alceste être dans l'état d'esprit idéal pour emballer Célimène qui lui résiste, comme il a envie de le faire....
- Alceste
Non : de trop de souci je me sens l'âme émue.
Allez−vous−en la voir, et me laissez enfin
Dans ce petit coin sombre, avec mon noir chagrin.
Célimène arrive enfin, et, comme on le devine, elle est totalement désolée. Mais vraiment désoléeee. Et c'est en cela qu'Alceste est vraiment très fort, parce qu'au lieu de lui proposer d'aller en boite ou de se faire un ciné, ou d'aller boire des verres dans un bar, il lui propose direct de faire ses bagages, de déménager pour le suivre on ne sait pas trop bien où, mais dans un lieu pas très glamour, où, comme seule distraction, il ne ferait que l'entretenir de ses humeurs, de ses blessures innombrables, et de ses états d'âmes :
- Alceste
Je veux bien, perfide, oublier vos forfaits ;
J'en saurai, dans mon âme, excuser tous les traits,
Et me les couvrirai du nom d'une faiblesse
Où le vice du temps porte votre jeunesse,
Pourvu que votre coeur veuille donner les mains
Au dessein que j'ai fait de fuir tous les humains,
Et que dans mon désert, où j'ai fait voeu de vivre,
Vous soyez, sans tarder, résolue à me suivre :
C'est par là seulement que, dans tous les esprits,
Vous pouvez réparer le mal de vos écrits,
Et qu'après cet éclat, qu'un noble coeur abhorre,
Il peut m'être permis de vous aimer encore.
-Célimène
Moi, renoncer au monde avant que de vieillir,
Et dans votre désert aller m'ensevelir !
- Alceste
Et s'il faut qu'à mes feux votre flamme réponde,
Que vous doit importer tout le reste du monde ?
Vos desirs avec moi ne sont−ils pas contents ?
Célimène lui fait le cou de la fille incapable et banale alors qu'elle se prend super au sérieux
- Célimène
La solitude effraye une âme de vingt ans :
Je ne sens point la mienne assez grande, assez forte,
Pour me résoudre à prendre un dessein de la sorte...
Si le don de ma main peut contenter vos voeux,
Je pourrai me résoudre à serrer de tels noeuds :
Et l'hymen...
Alceste, au lieu de changer de tactique et de lui proposer un deuxième Mojito, se vexe, piqué au vif, et il se met à dire des choses horribles :
- Alceste
Non : mon cur à présent vous déteste,
Et ce refus lui seul fait plus que tout le reste.
Puisque vous n'êtes point, en des liens si doux,
Pour trouver tout en moi, comme moi tout en vous,
Allez, je vous refuse, et ce sensible outrage
De vos indignes fers pour jamais me dégage.
Célimène se retire définitivement, totalement furieuse, et Alceste, après s'être tiré une balle dans le pied avec elle, se tire une autre balle dans l'autre pied avec la petite Eliante, qu'il sait être amoureuse de lui et qui serait facile à avoir. Il lui sort directement :
- Alceste, à Eliante :
Madame, cent vertus ornent votre beauté,
Et je n'ai vu qu'en vous de la sincérité ;
De vous, depuis longtemps, je fais un cas extrême ;
Mais laissez−moi toujours vous estimer de même ;
Et souffrez que mon coeur, dans ses troubles divers,
Ne se présente point à l'honneur de vos fers :
Je m'en sens trop indigne, et commence à connaître
Que le ciel pour ce noeud ne m'avoir point fait naître ;
Que ce seroit out vous un hommage trop bas
Que le rebut d'un coeur qui ne vous valoit pas ;
Et qu'enfin...
Et voilà, c'est terminé. Un ratage total ! Quelle soirée ! Quel homme !
SA
l'Atrabilaire amoureux 1/2
Je suis à mon bureau en train de parcourir des yeux la première page de quelques gazettes, je m'occupe à décacheter quelques lettres, des factures, l’échéance de mon terme, du travail que l'on me refuse, des lettres de ruptures, lorsque l'on sonne m'apporter le billet d'un ami. Lequel billet, énigmatique, dit ceci :
" Il y a 4 humeurs au moyen âge :
l'humeur sanguine : avoir un caractère sanguin
la bile noire : la mélancolie
la bile jaune : être atrabilaire, irrascible
la lymphe : caractère lymphatique
Tout ça est passé dans le langage comme passeront être zen, cool, ou alors c'est l'inverse, je ne sais.
En fait rien qu'avec ce savoir on peut reconstruire le monde. En fait il faut si peu, mais c'est toujours trop, malheureusement. C'est très étonnant, elles se prennent pour des déesses de la contre culture et elles ne connaissent rien, pas un radis, pas un atome de vrai science, de connaissance réelle, je veux dire immédiatement applicable. Comme la connaissance des fleurs pour les tisanes par exemple ou quelque chose comme çà. Ici rien. la culture est devenue le mode de la non-connaissance. Comme la peinture, le domaine du non-beau. Voilà, il s'est passé la même chose qu'avec Picasso, avec Raymond Queneau, la littérature, la culture, est devenue une chose inutile moche nulle et non avenue. Sauf chez quelques italiennes, parce que cela reste un effort à produire. Mais le monde de la musique qu'elles plébiscitent est en opposition complète avec çà sur les valeurs."
-Alceste
Mes yeux sont trop blessés, et la cour et la ville
-Philinte
Mais cette rectitude
- Alceste
" Il y a 4 humeurs au moyen âge :
l'humeur sanguine : avoir un caractère sanguin
la bile noire : la mélancolie
la bile jaune : être atrabilaire, irrascible
la lymphe : caractère lymphatique
Tout ça est passé dans le langage comme passeront être zen, cool, ou alors c'est l'inverse, je ne sais.
En fait rien qu'avec ce savoir on peut reconstruire le monde. En fait il faut si peu, mais c'est toujours trop, malheureusement. C'est très étonnant, elles se prennent pour des déesses de la contre culture et elles ne connaissent rien, pas un radis, pas un atome de vrai science, de connaissance réelle, je veux dire immédiatement applicable. Comme la connaissance des fleurs pour les tisanes par exemple ou quelque chose comme çà. Ici rien. la culture est devenue le mode de la non-connaissance. Comme la peinture, le domaine du non-beau. Voilà, il s'est passé la même chose qu'avec Picasso, avec Raymond Queneau, la littérature, la culture, est devenue une chose inutile moche nulle et non avenue. Sauf chez quelques italiennes, parce que cela reste un effort à produire. Mais le monde de la musique qu'elles plébiscitent est en opposition complète avec çà sur les valeurs."
Un instant je reste perplexe, pensif, je me lève, regarde par le fenêtre l'activité de la rue, en cette chaude après midi d'été, la mer au loin. J'oublie de tirer sur ma cigarette qui se consume dans le cendrier. Puis je me précipite à la bibliothèque à la lettre M. Bien sûr, je tiens ma réponse ! me dis-je en moi même. Et je reprends mon travail.
Le Misanthrope où le garçon un peu moins con que les autres qui est amoureux d'une fille impossible.
Acte I sc. 1 Alceste discute avec son ami Philinte, il lui explique que Paris, c'est de la merde :
-Alceste
Mes yeux sont trop blessés, et la cour et la ville
Ne m'offrent rien qu'objets à m'échauffer la bile :
J'entre en une humeur noire, et un chagrin profond,
Quand je vois vivre entre eux les hommes comme ils font ;
Je ne trouve partout que lâche flatterie,
Qu'injustice, intérêt, trahison, fourberie ;
Je n'y puis plus tenir, j'enrage, et mon dessein
Est de rompre en visière à tout le genre humain".
Philinte, un parisien un peu plus sensible que les autres, va immédiatement rechercher une explication sentimentale, pour expliquer la crise de cynisme de son ami :
-Philinte
Mais cette rectitude
Que vous voulez en tout avec exactitude,
Cette pleine droiture, où vous vous renfermez,
La trouvez-vous ici dans ce que vous aimez ?
Je m'étonne, pour moi, qu'étant, comme il le semble,
Vous et le genre humain si fort brouillés ensemble,
Malgré tout ce qui peut vous le rendre odieux,
Vous ayez pris chez lui ce qui charme vos yeux ;
Et ce qui me surprend encore davantage,
C'est cet étrange choix où votre coeur s'engage.
La sincère Eliante a du penchant pour vous,
La prude Arsinoé vous voit d'un oeil fort doux :
Cependant à leurs voeux votre âme se refuse,
Tandis qu'en ses liens Célimène l'amuse,
De qui l'humeur coquette et l'esprit médisant
Semble si fort donner dans les moeurs d'à présent.
D'où vient que, leur portant une haine mortelle,
Vous pouvez bien souffrir ce qu'en tient cette belle ?
Ne sont-ce plus défauts dans un objet si doux ?
Ne les voyez-vous pas ? ou les excusez-vous ?
Alceste, qui ne doute, en fait, de rien, répond :
- Alceste
Non, l'amour que je sens pour cette jeune veuve
Ne ferme point mes yeux aux défauts qu'on lui treuve,
Et je suis, quelque ardeur qu'elle m'ait pu donner,
Le premier à les voir ; comme à les condamner.
Mais, avec tout cela, quoi que je puisse faire,
Je confesse mon foible, elle a l'art de me plaire :
J'ai beau voir ses défauts, et j'ai beau l'en blâmer,
En dépit qu'on en ait, elle se fait aimer ;
Sa grâce est la plus forte ; et sans doute ma flamme
De ces vices du temps pourra purger son âme.
La suite au prochain post.
vendredi 17 décembre 2010
Les différentes mesures de la contamination au rock radioactif
Le cinéaste Jean Luc Godard, sans la protection, comme c'était l'usage dans les années 1960, d'une combinaison NBC (Nucléaire, Bactériologique, Chimique), s'expose, sur ce cliché, aux radiations émises par un groupe de musiciens britanniques.
Une émission de popactivité se mesure en Becquerel (Bq) et détermine le nombre de désintégration spontanée par seconde d'une source rockactive. On l'exprime parfois en minute (dpm), en général deux ou trois. Cette mesure permet de déterminer l'importance de la contamination rockactive qu'elle soit atmosphérique, superficielle ou concernant des effluents liquides...Le Becqerel est l'unité standard du Système International et remplace le Curie. Le Curie (Ci) était utilisé auparavant et correspond à l'activité de 1 g de radium par unité de son, soit environ 37 x 109 Bq (ou 37 milliards de désintégrations par seconde). 37 Bq = 1 nCi, pour un instrumentiste de force moyenne.
On trouve également dans la littérature l'unité de dose absorbée ou gray (Gy). C'est l'unité standard du Système International qui remplace le rad : 1 Gy = 100 rad. Le gray correspond à la quantité d'énergie (joule) ionisante absorbée par kilogramme de matière : 1 Gy = 1 J/kg, chez un auditeur moyen.
Quand on exprime une dose en gray, étant donné que la quantité d'énergie absorbée varie d'un groupe et d'un milieu à l'autre, il faut donc préciser le groupe et le milieu, par et dans lequel l'énergie est libérée (Stones, Clash, Doors dans un Pub, Disco, Salon etc...). Le gray par seconde permet de mesurer la quantité d'énergie transmise à un milieu par un groupe par unité de temps, c'est le débit de dose absorbée par le sujet exposé durant l'audition.
Sachant que sur la scène, le coulomb est l'unité de mesure de la charge électrique (e = 1.6x10-19 coulomb), on peut également utiliser le Coulomb par kilogramme (C/kg) pour mesurer l'exposition aux rayonnements X et gamma (la charge d'ions libérée dans la masse d'air au sortir de l'amplificateur). Cette unité remplace le roentgen, et à l'avantage de prendre en compte le poids du spectateur.
Ces quatre unités mesurent soit l'activité du rayonnement (Bq), l'irradiation (dose absorbée en Gy) ou l'exposition (C/kg), sans tenir compte des effets biologiques, ce qui sera l'objet d'un autre post.
SA
D'après : http://www.astrosurf.com/luxorion/radioactivite-mesure-protection-civile.htm
jeudi 9 décembre 2010
Mon vin sicilien est...menstruel
Je voudrais savoir qui je suis, avec ardeur, sur le pont du navire qui me conduit à Bari, depuis Durres en Albanie.
Une fois arrivé à Naples, le problème reste entier. Qui Suis-je, enfin ?
Assis sur une bitte d'amarrage du port de Catania en Sicile, où je viens de débarquer, je suis en train de savourer du délicieux vin blanc de table napolitain acheté un euros la veille, à la vielle folle de la via Tribunali (celle là près de la colonne romaine en brique, le plus bel objet du monde, qui vend des boissons sur une espèce de plaque de granite certainement récupérée d'une église parce qu'il y a dessus des anfractuosités, remplies d'eau de pluie, de soda, de Peroni, de vin, qui ne sont pas le produit d'une érosion naturelle, mais celle de l'usage de 100 générations de superstitieux venus toucher et embrasser la pierre, au points d'y creuser des sillons avec les doigts et les lèvres), je regarde un gars du port en train de s’appliquer à refaire le nœud d'arrimage d'une vielle barque. Et quel nœud ! Le plus beau nœud de tension que j'ai jamais vu. Du superbe travail.
Après, je vais dans le bar en face du port, un bar Roumain, j'essaye de lire les augures concernant ma personnalité sur la chute de rein de la demoiselle. Mais je ne comprends pas trop ce que ça veut dire.
Bref, j'échoue à l'auberge de jeunesse de Catania devant une bouteille de vin de table sicilien que voici.
Et je peux, peut être, à présent, rendre compte de ce que j'ai cru entendre, surprendre, de la conversation entre L et M, dans ce bar de Reggio, en 2008, elles, qui, bien qu'ayant déjà facilement 3 grammes, avaient tout de même encore conscience qu'il est des secrets, des mots qui ne doivent rester qu'entre filles, des choses que les garçons ne doivent jamais entendre, terribles et ultra secrètes, auxquelles même monsieur D'Ange n'a pas accès. Un secret incroyable et dévastateur, celui là même qui foudroya à mort Dionysos, lorsque le 1/2 dieu regarda par le trou de la serrure de la porte qui fermait le gynécée. De ces choses que l'on ne dit jamais, au sujet desquelles, même, il n'est pas question de penser. Moi, cette chose, ce soir là, parce qu'elles ont parlé un peu trop fort, ou alors elles se seront jouées de mon oreille ? mais bon, j'ai cru entendre, oui, j'ai cru, mais je ne pourrais pas le jurer, mais j'étais tellement époustouflé, tellement c'est énorme, j'ai cru entendre, donc, que ces deux nanas s'avouaient à mi-voix, pour la première fois de l'histoire du monde audible par un homme, qu'elles s'avouaient, que, oui, le vin sicilien, ce vin, en effet, avait bel et bien toutes les caractéristiques de la Menstrue. Et c'était magnifique.
SA
Une fois arrivé à Naples, le problème reste entier. Qui Suis-je, enfin ?
Assis sur une bitte d'amarrage du port de Catania en Sicile, où je viens de débarquer, je suis en train de savourer du délicieux vin blanc de table napolitain acheté un euros la veille, à la vielle folle de la via Tribunali (celle là près de la colonne romaine en brique, le plus bel objet du monde, qui vend des boissons sur une espèce de plaque de granite certainement récupérée d'une église parce qu'il y a dessus des anfractuosités, remplies d'eau de pluie, de soda, de Peroni, de vin, qui ne sont pas le produit d'une érosion naturelle, mais celle de l'usage de 100 générations de superstitieux venus toucher et embrasser la pierre, au points d'y creuser des sillons avec les doigts et les lèvres), je regarde un gars du port en train de s’appliquer à refaire le nœud d'arrimage d'une vielle barque. Et quel nœud ! Le plus beau nœud de tension que j'ai jamais vu. Du superbe travail.
Après, je vais dans le bar en face du port, un bar Roumain, j'essaye de lire les augures concernant ma personnalité sur la chute de rein de la demoiselle. Mais je ne comprends pas trop ce que ça veut dire.
Bref, j'échoue à l'auberge de jeunesse de Catania devant une bouteille de vin de table sicilien que voici.
Et je peux, peut être, à présent, rendre compte de ce que j'ai cru entendre, surprendre, de la conversation entre L et M, dans ce bar de Reggio, en 2008, elles, qui, bien qu'ayant déjà facilement 3 grammes, avaient tout de même encore conscience qu'il est des secrets, des mots qui ne doivent rester qu'entre filles, des choses que les garçons ne doivent jamais entendre, terribles et ultra secrètes, auxquelles même monsieur D'Ange n'a pas accès. Un secret incroyable et dévastateur, celui là même qui foudroya à mort Dionysos, lorsque le 1/2 dieu regarda par le trou de la serrure de la porte qui fermait le gynécée. De ces choses que l'on ne dit jamais, au sujet desquelles, même, il n'est pas question de penser. Moi, cette chose, ce soir là, parce qu'elles ont parlé un peu trop fort, ou alors elles se seront jouées de mon oreille ? mais bon, j'ai cru entendre, oui, j'ai cru, mais je ne pourrais pas le jurer, mais j'étais tellement époustouflé, tellement c'est énorme, j'ai cru entendre, donc, que ces deux nanas s'avouaient à mi-voix, pour la première fois de l'histoire du monde audible par un homme, qu'elles s'avouaient, que, oui, le vin sicilien, ce vin, en effet, avait bel et bien toutes les caractéristiques de la Menstrue. Et c'était magnifique.
SA
samedi 4 décembre 2010
Voltaire et Zeus
Comme Chronos vomit ses enfants après la pierre que Gaia, Rhéa et Métis (le grand amour de Zeus), toutes de sacrées nanas !, lui ont fait avaler, je viens de vomir mon repas teinté de rouge, tinto di rosso, du haut de la terrasse de l’hôtel albanais , sous l'oeil inquiet de Yoga. A présent, parlons de Voltaire.
Un Chevalier, Lieutenant dans l’armée française, est mandaté par les clients d'une auberge pour enquêter sur cet étrange visiteur. Il s'en suit le dialogue suivant :
Le Chevalier : -Vous vivez ici de manière bien solitaire ?
Voltaire : -Sans cela, on ne peut se livrer à un travail suivit.
-Peut être le genre de vos travaux demande t'il le secret ? car vous travaillez pendant que les autres dorment.
-Que voulez vous, il ne faut en accuser que notre pauvre organisation, les inspirations ne viennent pas à commende, il faut saisir le moment.
Voltaire invite le chevalier à bouffer....
Mais voilà une chaire excellente et des mets que l'on ne trouve pas dans ce pays !
-Aussi ai je soin de mener avec moi quelques provisions
-c'est une précaution qui vous est nécessaire, car on dit que vous mangez à toute heure.
Il est vrai que quand j'ai quelques composition en tête, j'oublie la partie annimal qui ensuite reprend ses droits.
-Vous faites un feu d'enfer, pendant qu'il est assez chaud
-Cela est encore vrai, mais considérez monsieur que la chaleur interne ne peut être très forte dans un corps aussi sec que le mien et qu'il failles d’ailleurs reparer ce que l'on use.
-La quantité de café que l'on ma dit que vous prenez m'a t'on dit doit particulièrement vous échauffer ?
-Mais pas absolument, l'usage émousse de tout. vous savez que Mithridate s'était habitué à avaler une certaine dose de poison sans être autrement incommodé.
-Cependant vous avez une manière de vivre qui peut déranger la santé des mieux établit.
-Il faut en convenir, l'amour propre, la persuasion où l'on est de produire quelques ouvrages propres à amuser et à instruire le genre humain est un puissant mobile et un dédommagement de toutes ses peines et de toutes ses veilles.
-C'est une noble ambition
-Mais souvent payé d'ingratitude, "Ô Athénien" s'écriait Alexendre au fort de ses conquêtes...
Le lieutenant, convaincu que l'inconnu n'était qu'un maniaque d'ésprit fort amusant et point dangereux, crut devoir se retirer mais avant demanda :
-Pourrais je sans indiscrétion, savoir , monsieur qui m'a fait l'honneur de si bien me régaler ?
-Mais monsieur, sans doute vous me connaissez ?
-Moi ? pas le moins du monde !
-Je suppose que vous lisez quelques fois, de temps à autre, dans vos garnisons, par exemple, entre jeune gens on lit des poésie légères, de petits poèmes... Il en est un de moi que surement vous avez lu, La pucelle, en un mot je suis Voltaire.
A ce nom, il est impossible de peindre la surprise, la stupéfaction du chevalier....il ne trouva qu'a dire...: monsieur mais quel bonheur !
SA
Un Chevalier, Lieutenant dans l’armée française, est mandaté par les clients d'une auberge pour enquêter sur cet étrange visiteur. Il s'en suit le dialogue suivant :
Le Chevalier : -Vous vivez ici de manière bien solitaire ?
Voltaire : -Sans cela, on ne peut se livrer à un travail suivit.
-Peut être le genre de vos travaux demande t'il le secret ? car vous travaillez pendant que les autres dorment.
-Que voulez vous, il ne faut en accuser que notre pauvre organisation, les inspirations ne viennent pas à commende, il faut saisir le moment.
Voltaire invite le chevalier à bouffer....
Mais voilà une chaire excellente et des mets que l'on ne trouve pas dans ce pays !
-Aussi ai je soin de mener avec moi quelques provisions
-c'est une précaution qui vous est nécessaire, car on dit que vous mangez à toute heure.
Il est vrai que quand j'ai quelques composition en tête, j'oublie la partie annimal qui ensuite reprend ses droits.
-Vous faites un feu d'enfer, pendant qu'il est assez chaud
-Cela est encore vrai, mais considérez monsieur que la chaleur interne ne peut être très forte dans un corps aussi sec que le mien et qu'il failles d’ailleurs reparer ce que l'on use.
-La quantité de café que l'on ma dit que vous prenez m'a t'on dit doit particulièrement vous échauffer ?
-Mais pas absolument, l'usage émousse de tout. vous savez que Mithridate s'était habitué à avaler une certaine dose de poison sans être autrement incommodé.
-Cependant vous avez une manière de vivre qui peut déranger la santé des mieux établit.
-Il faut en convenir, l'amour propre, la persuasion où l'on est de produire quelques ouvrages propres à amuser et à instruire le genre humain est un puissant mobile et un dédommagement de toutes ses peines et de toutes ses veilles.
-C'est une noble ambition
-Mais souvent payé d'ingratitude, "Ô Athénien" s'écriait Alexendre au fort de ses conquêtes...
Le lieutenant, convaincu que l'inconnu n'était qu'un maniaque d'ésprit fort amusant et point dangereux, crut devoir se retirer mais avant demanda :
-Pourrais je sans indiscrétion, savoir , monsieur qui m'a fait l'honneur de si bien me régaler ?
-Mais monsieur, sans doute vous me connaissez ?
-Moi ? pas le moins du monde !
-Je suppose que vous lisez quelques fois, de temps à autre, dans vos garnisons, par exemple, entre jeune gens on lit des poésie légères, de petits poèmes... Il en est un de moi que surement vous avez lu, La pucelle, en un mot je suis Voltaire.
A ce nom, il est impossible de peindre la surprise, la stupéfaction du chevalier....il ne trouva qu'a dire...: monsieur mais quel bonheur !
SA
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